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Généraliste

Donald Trump et la maoïsation de l’Amérique

Le Devoir · mis à jour 25 sept.

Le républicain, qui reçoit le président chinois cette semaine, est-il plus proche de Mao Zedong que ne l’est Xi Jinping?.

Sommet sino-américain

Cette semaine à Washington, le président américain Donald Trump a reçu son homologue chinois, Xi Jinping, pour un sommet diplomatique marqué par des tensions commerciales et technologiques entre les deux pays. Les enjeux incluent les guerres commerciales lancées par les États-Unis, la compétition dans l’intelligence artificielle et le contrôle chinois sur les terres rares, des minerais essentiels pour l’industrie technologique. Malgré ces divergences, les deux dirigeants ont cherché à afficher une image d’apaisement. Ce sommet survient alors que la Chine fait face à un ralentissement économique et à un chômage croissant chez les jeunes, affaiblissant la position de Xi Jinping. Aux États-Unis, la popularité de Trump est au plus bas en raison de l’augmentation du coût de la vie, à quelques mois d’élections législatives difficiles pour son parti.

Comparaison Trump-Mao

L’article souligne des similitudes entre Donald Trump et Mao Zedong, le fondateur de la Chine communiste. Selon le sinologue britannique Kerry Brown, Trump partagerait avec Mao trois traits : un culte de la personnalité, le déni des faits et la manipulation de la vérité, ainsi que la promotion de deux idées contradictoires simultanément. Ces parallèles ont été renforcés lors du retour de Trump à la présidence en 2024, notamment par sa campagne de démantèlement de la fonction publique américaine, supervisée par des figures comme Elon Musk. Cette purge a réduit les effectifs du gouvernement fédéral de 12 % selon l’Office of Personnel Management. Trump justifie cette action en promettant de « rendre sa grandeur à l’Amérique », une rhétorique rappelant les promesses de Mao pour une Chine forte et moderne.

Purge et pouvoir

La purge de la fonction publique américaine par Trump s’inscrit dans une logique de consolidation du pouvoir, similaire à celle de Mao pendant la Révolution culturelle (1966-1976). Trump cible notamment l’élite américaine et les intellectuels, en menaçant de réduire le financement des universités ou en excluant des médias comme CNN et Politico de la Maison-Blanche pour leurs reportages critiques. Ces mesures rappellent les attaques de Mao contre l’élite chinoise, bien que Trump utilise des méthodes moins violentes à ce stade. L’article cite Lawrence MacDonald, ancien correspondant en Chine, qui compare Trump et Mao : « ces deux dirigeants prennent plaisir à démanteler les agences gouvernementales et à bouleverser les normes sociales et politiques ». Trump accuse ses opposants de former un « État profond » qu’il cherche à détruire.

Équipe Trump et Bande des quatre

Autour de Trump s’est formée une équipe de conseillers aux profils variés, comparée à la Bande des quatre de Mao, un groupe de proches qui a joué un rôle clé dans la Révolution culturelle. Parmi eux figurent Pete Navarro, expert en guerre tarifaire, Robert F. Kennedy Jr., avocat écologiste devenu conseiller en santé publique, et Pete Hegseth, nommé à la tête des armées après avoir été commentateur politique sur Fox News. Cette équipe, comme celle de Mao, est composée de personnalités politiquement inexpérimentées mais fidèles au leader. Jeremy Brown, historien de la Chine à l’Université Simon Fraser, admet que le parallèle est intéressant mais souligne les différences de contexte : la Révolution culturelle de Mao a causé des millions de morts et une guerre civile, alors que les actions de Trump restent limitées à des mesures administratives et politiques.

Ce que ça pourrait changer

L’article met en garde contre les risques d’un rapprochement entre les méthodes de Trump et celles de Mao, notamment en raison des promesses d’un *« nouvel âge d’or »* pour l’Amérique, comparable à la vision de Mao pour la Chine. Cependant, les conséquences pourraient être moins dramatiques, car Trump n’a pas recours à la violence physique comme Mao. À la mort de ce dernier en 1976, la Chine était appauvrie et isolée sur la scène internationale, un déclin qui a pris des décennies à surmonter. Les États-Unis, s’ils suivent cette voie, pourraient subir des conséquences similaires, avec un affaiblissement de leur influence mondiale et une polarisation accrue de leur société. L’article souligne que les parallèles entre les deux dirigeants restent limités par le contexte historique et politique radicalement différent.

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