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Géopolitique

Le siège houthiste de Taïz menace le gouvernement yéménite

Le Grand Continent · mis à jour il y a 1 j

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Siège de Taïz

Taïz, la troisième ville la plus peuplée du Yémen avec environ 1,5 million d'habitants, est désormais entièrement encerclée par les Houthis. Cette situation résulte d'une avancée rapide du groupe rebelle, qui a pris le contrôle des principales voies d'approvisionnement menant à la ville. Taïz occupe une position stratégique entre le nord-ouest du pays, contrôlé par les Houthis depuis plusieurs années, et le sud, sous l'autorité du gouvernement yéménite. Dès le 6 octobre 2026, la ville était déjà largement isolée des zones gouvernementales. Les Houthis avaient déjà tenté de s'emparer de Taïz entre 2015 et 2024, sans succès. Leur nouveau siège, en cours depuis octobre 2026, marque une intensification du conflit dans cette région clé du Yémen.

Contre-offensive inefficace

Une contre-offensive a été lancée début octobre 2026 par les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l'Arabie saoudite, pour contrer l'avancée des Houthis autour de Taïz. Cependant, cette opération n'a pas permis d'arrêter la progression du groupe rebelle. Selon l'Institute for the Study of War, les Houthis ont étendu leur territoire de plus de 2 500 km² autour de Taïz entre le 16 septembre et le 12 octobre 2026. Cette expansion suggère que les moyens militaires déployés par l'Arabie saoudite sont insuffisants pour infliger des pertes significatives aux Houthis. La crainte d'une escalade du conflit, qui pourrait s'avérer longue et coûteuse pour le royaume saoudien, limite également son engagement militaire.

Menace sur Aden

L'avancée des Houthis autour de Taïz représente une menace directe pour la position du gouvernement yéménite à Aden, située sur la côte de la mer Rouge. Les Houthis pourraient affaiblir les défenses gouvernementales, notamment autour de la ville portuaire de Dhubab, située à l'ouest d'Aden. Cette région est cruciale pour le contrôle des échanges commerciaux et des routes maritimes stratégiques, comme le détroit de Bab-el-Mandeb. Une prise de contrôle par les Houthis dans cette zone pourrait fragiliser davantage la stabilité du gouvernement yéménite et compliquer les opérations militaires en cours.

Attaques houthistes

Les Houthis ont mené deux frappes aériennes contre l'aéroport de Riyad, la capitale saoudienne, les 10 et 11 octobre 2026, causant au moins 14 morts et plusieurs centaines de blessés. La première attaque a été la plus meurtrière en Arabie saoudite depuis plus de dix ans. Ces actions illustrent l'audace croissante des Houthis, qui étendent désormais leurs opérations au-delà des frontières yéménites. Le groupe cherche ainsi à exercer une pression maximale sur l'Arabie saoudite, principal soutien du gouvernement yéménite, tout en démontrant sa capacité à frapper des cibles stratégiques en profondeur.

Réactions internationales

Face à l'intensification des attaques houthistes, plusieurs pays ont renforcé leur présence militaire ou annoncé l'envoi de matériel défensif en Arabie saoudite. Parmi eux figurent la France, le Royaume-Uni, le Pakistan et la Turquie. Les États-Unis, quant à eux, fournissent des services de renseignement et une aide au ciblage à l'armée saoudite, tout en déployant une batterie de missiles Patriot supplémentaire pour renforcer les défenses aériennes du royaume. Ces mesures reflètent l'inquiétude internationale face à l'escalade du conflit et à la capacité des Houthis à menacer la stabilité régionale.

Ce que ça pourrait changer

L'Arabie saoudite, dirigée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, adopte une position prudente face à l'escalade du conflit avec les Houthis. Malgré les propositions d'Israël de rejoindre la campagne militaire contre le groupe rebelle, l'Arabie saoudite a refusé cette alliance, craignant une réaction négative de l'opinion publique. Cette réticence s'explique par le souvenir des conséquences désastreuses de l'intervention militaire saoudite au Yémen, qui a duré plusieurs années et a entraîné des pertes humaines et économiques importantes. Le royaume cherche désormais à éviter une nouvelle escalade coûteuse tout en maintenant son soutien au gouvernement yéménite.

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