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Géopolitique

“Tirana est en flammes” : en Albanie, les manifestations anticorruption s’enveniment

Courrier International · mis à jour il y a 21 j

Depuis le mois de mai, d’importantes manifestations contre la corruption et le gouvernement secouent le pays des Aigles. Un mouvement de contestation qui s’est intensifié ces derniers jours, dans le sillage des mobilisations qui secouent le reste de l’Europe, explique “Il Fatto Quotidiano”, de Rome..

Contexte des manifestations

Depuis mai 2026, l'Albanie, un pays d'Europe du Sud-Est avec environ 2,8 millions d'habitants, est secouée par des manifestations massives contre la corruption et le gouvernement. Ces mobilisations, initialement déclenchées par un projet controversé de complexe touristique de luxe sur l'île de Sazan, ont rapidement évolué vers une contestation plus large. Le projet, porté par Jared Kushner, gendre de l'ancien président américain Donald Trump, prévoyait la construction d'un complexe hôtelier de 1,5 milliard d'euros sur une île classée zone naturelle protégée. Les manifestants dénoncent non seulement ce projet, mais aussi la corruption généralisée dans le pays, touchant des secteurs clés comme l'éducation, la santé et les infrastructures. Les premières manifestations étaient pacifiques, mais elles se sont intensifiées en octobre 2026, avec des affrontements violents entre la police et les manifestants.

Acteurs et revendications

Les principales figures de ces manifestations sont des étudiants, comme Marilisa, 26 ans, étudiante en droit, et Silvana, étudiante en informatique. Elles expliquent que leur colère ne se limite pas au système éducatif, mais s'étend à l'ensemble de la société albanaise, où la corruption est omniprésente. Les étudiants, qui représentent une partie importante de la population albanaise, estiment avoir tout perdu et n'ont plus d'autre choix que de manifester de manière violente pour se faire entendre. Leur slogan, *

Violence et répression

Les manifestations, qui se déroulent principalement à Tirana, la capitale de l'Albanie, ont pris une tournure violente à partir de mi-octobre 2026. Les affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre ont entraîné des dégâts matériels importants : poubelles brûlées, vitrines brisées, et bâtiments publics endommagés. Les forces de l'ordre utilisent des gaz lacrymogènes pour disperser les foules, tandis que les manifestants répondent par des jets de projectiles et des incendies volontaires. La situation est décrite comme chaotique, avec une fumée dense mêlant celle des incendies et des gaz lacrymogènes. Ces violences illustrent l'escalade du conflit et la radicalisation des deux camps. Les autorités albanaises n'ont pas encore réagi publiquement à ces événements, mais la pression internationale s'intensifie pour trouver une solution pacifique.

Origine du mouvement

Le mouvement de contestation en Albanie s'inscrit dans un contexte plus large de mobilisations en Europe, où plusieurs pays connaissent des vagues de protestations contre la corruption, les inégalités sociales et les manquements des gouvernements. En Albanie, la corruption est un problème structurel, présent dans de nombreux secteurs, y compris l'éducation et la santé. Les étudiants, qui sont souvent les premières victimes de ce système, ont décidé de prendre la tête du mouvement. Leur colère est alimentée par des années de frustration face à un système qui ne répond pas à leurs besoins. Le projet de complexe touristique sur l'île de Sazan a servi de catalyseur, mais les revendications sont bien plus profondes et concernent l'ensemble de la société albanaise.

Ce que ça pourrait changer

Les manifestations en Albanie soulèvent des questions sur l'avenir politique et social du pays. La corruption, qui gangrène les institutions, est un frein majeur au développement économique et à la stabilité politique. Les étudiants, en prenant les devants, montrent que la jeunesse albanaise refuse de se taire et est prête à se battre pour un avenir plus juste. Cependant, la violence des affrontements risque d'aggraver la crise et de compliquer les négociations entre les manifestants et le gouvernement. Les observateurs internationaux suivent de près la situation, car l'Albanie, candidate à l'adhésion à l'Union européenne, doit faire la preuve de sa capacité à respecter l'État de droit et les normes démocratiques pour espérer rejoindre le bloc européen. La résolution de cette crise sera déterminante pour l'avenir du pays.

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