Bonne nouvelle: on a sauvé le plus gros insecte du monde de l'extinction ( mais il est toujours aussi laid)
Menacé, le wētāpunga, plus lourd insecte du monde, retrouve peu à peu sa place en Nouvelle-Zélande, grâce à un vaste programme de réintroduction..
Le wētā géant (ou wētāpunga en maori) est un insecte endémique de Nouvelle-Zélande, reconnu comme le plus lourd au monde. Son corps mesure jusqu’à 10 centimètres de long, et avec ses pattes, il peut atteindre 20 centimètres. Il pèse jusqu’à 75 grammes, soit le poids d’une souris. Malgré son apparence imposante, il est inoffensif et se nourrit principalement de végétaux. Son nom scientifique est Deinacrida heteracantha. Dans les années 1990, il était classé comme une espèce en danger, menacée par la destruction de son habitat et l’introduction de prédateurs non natifs en Océanie, comme les rats ou les hermines.
La population de wētāpunga a fortement décliné en Nouvelle-Zélande en raison de deux facteurs principaux. D’abord, l’arrivée d’espèces introduites comme les rats, les hermines ou les chats, qui ont décimé ses populations en chassant les adultes et en dévorant leurs œufs. Ensuite, la destruction de son habitat naturel, notamment par l’urbanisation et l’agriculture. Ces menaces ont conduit à une réduction drastique de ses effectifs, au point que l’espèce était considérée comme en danger dans les années 1990. Sans intervention humaine, son extinction était probable.
Pour sauver le wētāpunga, un programme d’élevage en captivité a été mis en place en Nouvelle-Zélande. Entre 2010 et 2026, des dizaines de milliers d’individus ont été élevés dans un centre de protection de la faune sauvage et au zoo d’Auckland. Les scientifiques ont développé des techniques spécifiques pour nourrir les jeunes spécimens, en leur fournissant du feuillage frais, des flocons de poisson riches en protéines et de la litière végétale. Ces protéines sont essentielles pour la survie des jeunes nymphes (stades juvéniles de l’insecte).
Entre 2010 et 2026, quarante-cinq opérations de réintroduction ont été menées sur des îles et dans des réserves naturelles de Nouvelle-Zélande, exemptes de prédateurs. Ces transferts ont permis de rétablir des populations autonomes. Sur deux îles, des individus de quatrième ou cinquième génération, nés en milieu naturel, ont été observés, preuve que l’espèce se reproduit désormais sans aide humaine. Au total, 11 000 wētāpunga ont été relâchés dans la nature. Leur statut de conservation est passé de en danger à en augmentation au niveau national.
Le succès du programme a été salué par Chris Green, chercheur au département néo-zélandais de la Conservation, qui a publié un rapport le 2 octobre 2026 dans le *New Zealand Journal of Zoology*. Selon lui, l’avenir du *wētāpunga* s’annonce *radieux*, bien que l’espèce reste fragile. La Nouvelle-Zélande, confrontée à un taux élevé d’espèces endémiques et à des problèmes de nuisibles introduits, est considérée comme un modèle en matière de protection de la biodiversité. Ce programme pourrait inspirer d’autres initiatives similaires pour des espèces menacées dans le pays.

