Les “hommes à chats” sont-ils condamnés au célibat ?
Les hommes qui affichent leur amour des chats seraient-ils moins séduisants que les propriétaires de chiens ? Dans cette chronique du “Los Angeles Times”, un “cat dad” s’interroge, études et témoignages à l’appui, sur les préjugés qui poursuivent les “hommes à chats”, jusque sur les applis de rencontre..
Les hommes qui aiment les chats sont souvent associés à des préjugés négatifs, notamment celui d’être des personnes seules ou peu sociables. L’article cite l’exemple de Laurence Konishi, un artiste et acteur de 52 ans, qui a adopté deux chattes et a ressenti le besoin de se justifier, comme si son choix d’animal de compagnie révélait un manque de relations amoureuses. Ces stéréotypes s’étendent même aux applis de rencontre, où afficher son amour pour les chats pourrait être perçu comme un critère rédhibitoire. Le cliché de la folle à chats, souvent une femme esseulée entourée de pots de glace, est bien connu, mais les hommes à chats subissent aussi des connotations négatives, bien que moins documentées.
Aux États-Unis, les chats sont les animaux de compagnie les plus nombreux après les chiens. Selon la Fondation vétérinaire américaine (AVMF), près d’un tiers des foyers américains déclarent posséder au moins un chat. Malgré cette popularité, les hommes qui choisissent un chat comme compagnon sont parfois jugés moins séduisants que ceux qui optent pour un chien. Cette préférence pour les chiens s’explique en partie par des stéréotypes liés à la masculinité, où le chien est perçu comme un animal plus viril ou plus adapté à une vie sociale active. Les chats, en revanche, sont souvent associés à des traits comme la tranquillité ou l’indépendance, qui ne correspondent pas toujours aux attentes traditionnelles de la masculinité.
Les hommes à chats pourraient rencontrer des difficultés supplémentaires dans leur vie amoureuse, notamment sur les plateformes de rencontre. L’article souligne que les applis comme Tinder ou Bumble pourraient favoriser les profils affichant des chiens plutôt que des chats, en raison de ces stéréotypes persistants. Laurence Konishi, cité dans l’article, explique avoir été conseillé par une amie de prendre un chien plutôt qu’un chat, sous prétexte que les chats étaient réservés aux hommes seuls. Ce type de remarque illustre comment les préjugés peuvent influencer les choix personnels, même dans des domaines aussi intimes que les relations amoureuses.
L’article explore le lien entre la possession d’un animal et les normes de masculinité. Historiquement, les chiens ont été présentés comme des compagnons idéaux pour les hommes, car ils symbolisent la loyauté, l’activité physique et une forme de domination sur la nature. Les chats, en revanche, sont souvent perçus comme plus indépendants, voire distants, ce qui ne correspond pas toujours à l’image traditionnelle de l’homme viril. Cette association entre chien et masculinité est si ancrée que même des hommes comme Laurence Konishi, qui assume pleinement son amour pour les chats, peuvent ressentir le besoin de se justifier ou de craindre des jugements sur leur vie sentimentale.
Plusieurs témoignages illustrent la prise de conscience des hommes à chats face à ces stéréotypes. Laurence Konishi, par exemple, a admis avoir craint d’être réduit au cliché du *gars qui n’a pas de copine et qui a des chats* après avoir adopté ses deux chattes. D’autres hommes partagent cette expérience, où leur choix d’animal de compagnie est interprété comme un signe de solitude ou de manque de succès social. Ces réactions montrent à quel point les normes sociales peuvent influencer la perception des autres, même dans des domaines aussi personnels que le choix d’un animal de compagnie.

