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Référendum albertain : l’immigration au cœur d’une bataille identitaire

ICI Radio-Canada · mis à jour 4 oct.

À l’approche du scrutin du 19 octobre, l’heure est aux remises en question en Alberta..

Un scrutin clé

Le 19 octobre 2026, les Albertains sont appelés à voter lors d’un référendum historique. Ce scrutin ne porte pas seulement sur l’indépendance de la province, mais aussi sur neuf autres questions, dont cinq concernent directement l’immigration. Le gouvernement dirigé par la première ministre Danielle Smith a inclus ces sujets pour consulter la population sur des enjeux comme l’accès aux programmes sociaux pour les nouveaux arrivants ou les frais supplémentaires à payer pour les services de santé et d’éducation. Ce référendum illustre une tension croissante entre une Alberta traditionnelle et une province en pleine transformation démographique et culturelle.

Alberta multiculturelle

En dix ans, l’Alberta a accueilli plus d’un million de nouveaux résidents, principalement à Calgary et Edmonton. Selon le recensement de 2021, 27,8 % des Albertains appartiennent à une minorité visible (terme officiel désignant les personnes non blanches ou non autochtones) et 23,2 % de la population est née à l’étranger. Cette réalité contraste avec l’image traditionnelle de l’Albertain, souvent perçu comme rural, conservateur et coiffé d’un chapeau de cowboy. Les séparatistes, qui ne représentent que 17 % à 23 % de la population selon les sondages, incarnent davantage ce stéréotype que la majorité des Albertains actuels.

Mouvement séparatiste

Le mouvement pour l’indépendance de l’Alberta, porté par des groupes comme Let’s Talk Alberta ou Alberta Women for Independence, met en avant des valeurs comme la foi, la famille et la liberté. Ses leaders, dont Chris Scott et Sandy Duguay, parcourent la province en caravane pour promouvoir leur cause. Cependant, leur discours est souvent critiqué pour son manque de diversité : parmi les figures du mouvement, peu appartiennent à une minorité visible. Mahmoud Mourra, né au Liban et séparatiste convaincu, souligne ce paradoxe en déclarant que les leaders ne reflètent pas la réalité multiculturelle de l’Alberta.

Questions sur l’immigration

Cinq des dix questions du référendum concernent spécifiquement l’immigration. Les électeurs devront se prononcer sur des mesures comme la limitation de l’accès aux programmes sociaux pour les nouveaux arrivants ou l’instauration de frais supplémentaires pour les résidents non permanents souhaitant bénéficier des services de santé et d’éducation. Ces questions divisent la population, notamment à Calgary, où plus de 40 % des habitants appartiennent à une minorité visible. Selma Jamal, cofondatrice de la Calgary Immigrant Support Society, dénonce une rhétorique qui associe les immigrants à une menace pour l’emploi et les services publics, alimentant ainsi des tensions raciales.

Fracture ville-campagne

Le référendum révèle un clivage profond entre les zones urbaines et rurales de l’Alberta. À Calgary, dans des quartiers comme Kensington, les pancartes incitant à voter Non aux questions sur l’immigration dominent, reflétant une population plus diversifiée et moins encline à soutenir le séparatisme. À l’inverse, les campagnes et les petites villes, où l’immigration est moins visible, voient une adhésion plus forte aux idées séparatistes. Martin Bélanger, un séparatiste convaincu, admet que les questions sur l’immigration nuisent à la crédibilité du mouvement, tout en reconnaissant que la croissance démographique récente a entraîné une hausse des impôts pour financer de nouvelles infrastructures.

Ce que ça pourrait changer

Face au référendum, des groupes comme *Alberta’s Voice*, fondé par le stratège politique Stephen Carter, mènent une campagne pour inciter les Albertains à voter *Non* aux neuf questions ne portant pas sur la souveraineté. Carter cible particulièrement les personnes âgées et les immigrants, soulignant que l’Alberta a toujours été une société fondée sur l’immigration. Il accuse le gouvernement de Danielle Smith d’alimenter des stéréotypes racistes en mettant l’accent sur l’immigration dans ce scrutin. Selon lui, ces questions divisent la province et risquent de nuire à son image.

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