Le PCQ accuse la CAQ d’adopter des «règles anti-familles» pour les milieux de garde
Duhaime a promis d’abolir « les règles excessives »… devant une garderie dont la propriétaire en défend la pertinence..
L’article relate un échange politique dans le cadre des élections québécoises de 2026. Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, accuse la Coalition Avenir Québec (CAQ), parti au pouvoir, d’adopter des «règles anti-familles» pour les milieux de garde non subventionnés. Cette accusation a été formulée lors d’un événement public devant une garderie privée, les Mini-Explorateurs, à Sainte-Brigitte-de-Laval. Le PCQ propose d’abolir ces «règles excessives» pour faciliter l’existence de ces milieux. La CAQ, dirigée par le premier ministre François Legault, est critiquée pour avoir renforcé la réglementation des milieux de garde familiaux depuis le 1er septembre 2026, ce qui, selon le PCQ, menace 5000 places en garderie familiale.
Le PCQ dénonce plusieurs exigences imposées par la CAQ aux milieux de garde non subventionnés. Parmi elles, une formation supplémentaire de 45 heures par année pour les éducatrices, l’obligation d’utiliser un programme éducatif approuvé par le ministère, la remise d’un dossier par enfant tous les six mois et des visites périodiques à l’improviste des autorités. Selon le parti, ces règles pousseraient près de 1100 milieux de garde familiaux non reconnus à fermer. Patricia Drouin, porte-parole du PCQ en matière de famille, estime que la CAQ réduit l’offre de places en étouffant les petites garderies à domicile. Éric Duhaime affirme que ces règles obligent les éducatrices à consacrer plus de temps à la paperasse qu’à l’accompagnement des enfants.
Charlotte Gousseau, propriétaire des Mini-Explorateurs, conteste les accusations du PCQ. Elle défend la pertinence des règles, qu’elle juge «super faisables». Selon elle, la formation de 45 heures peut être complétée en deux semaines, et les autres exigences (comme un cours de RCR de 8 heures) sont raisonnables. Elle souligne que son milieu de garde fonctionne seul, sans difficulté administrative majeure. Cependant, elle reconnaît l’importance de la réglementation pour éviter des situations dangereuses, comme le cas d’un bébé secoué qu’elle a connu dans une garderie non réglementée lorsqu’elle était enfant. Elle insiste sur la nécessité d’une surveillance accrue pour garantir la sécurité des enfants.
Pour remédier à la situation, le PCQ propose plusieurs mesures. Il souhaite permettre aux milieux de garde non reconnus d’accéder à la liste d’attente du ministère de la Famille afin de contacter directement les familles en quête de places. Le parti veut aussi abolir les règles édictées par la CAQ au nom de l’autonomie des milieux de garde. Éric Duhaime a déclaré que «le risque zéro n’existe pas», justifiant ainsi la suppression de certaines contraintes. Le PCQ suggère également d’instaurer un crédit d’impôt de 951 $ par année pour les familles n’ayant pas obtenu de place en CPE ou en milieu subventionné, une mesure jugée insuffisante par certains acteurs du secteur.
Les familles québécoises sont directement affectées par les règles des milieux de garde. Steve Pourciel, cofondateur du *Mouvement Tarif Unique*, explique que les parents payent entre 7 000 $ et 8 000 $ de plus par année dans une garderie non subventionnée que dans un CPE subventionné. Le crédit d’impôt de 951 $ proposé par le PCQ ne suffirait pas à combler cet écart, ce qui maintiendrait la pression sur les garderies privées. Les familles qui ne « gagnent pas à la loterie » pour obtenir une place en CPE se tournent vers ces alternatives plus coûteuses, transformant parfois les garderies privées en *«salles d’attente pour les garderies subventionnées»*. Le débat porte donc aussi sur l’équité d’accès aux services de garde au Québec.

