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Géopolitique

Recettes, transferts

Courrier International · mis à jour il y a 12 j

Au moment de retrouver ses rivaux européens en Ligue des champions, à partir du 8 septembre, les clubs anglais creusent encore le fossé avec le reste du continent. L’un des rares succès de l’économie britannique, constate la presse londonienne.

Record historique du mercato

Lors du dernier mercato estival 2026, les 20 clubs de la Premier League anglaise ont dépensé plus de 4 milliards d’euros pour recruter de nouveaux joueurs. Ce montant représente près de quatre fois les dépenses réalisées à l’été 2021, illustrant une accélération brutale des investissements. Par exemple, le club de Manchester City, vice-champion d’Angleterre, a dépensé à lui seul presque autant que l’ensemble des 18 clubs de Ligue 1 française réunis. Ces chiffres, jugés chaotiques et excessifs par des observateurs comme Barney Ronay du Guardian, rappellent selon lui la période précédant la crise financière de 2008. Le terme mercato désigne la période de transferts de joueurs entre clubs, généralement ouverte deux fois par an, en été et en hiver.

Décalage avec l'Europe

Le football anglais se distingue par sa puissance financière, qui le place en tête des compétitions européennes comme la Ligue des champions, la Ligue Europa et la Ligue Conférence, dont les matchs débutent respectivement le 8, 17 et 15 septembre 2026. Cette domination s’explique par des recettes (revenus) bien plus élevées que celles des autres championnats européens. Par exemple, les trois clubs promus en Premier League cet été ont également dépensé des sommes record pour se renforcer, un phénomène rare dans d’autres pays. Ce déséquilibre financier crée une fracture entre les clubs anglais et leurs homologues européens, qui peinent à rivaliser sur le plan économique.

Conséquences économiques

Cette frénésie d’investissements soulève des questions sur la durabilité du modèle économique du football anglais. Les dépenses colossales des clubs, souvent financées par des propriétaires étrangers ou des investisseurs privés, pourraient masquer des déséquilibres structurels. Par exemple, certains clubs dépensent des sommes astronomiques pour des joueurs, comme le transfert record d’Enzo Fernández à Chelsea en 2026, sans toujours garantir des résultats sportifs à la hauteur. Cette logique, qualifiée de déconnectée de la réalité par la presse britannique, interroge sur la capacité des clubs à maintenir ces niveaux de dépenses sans risquer des crises financières futures.

Ce que ça pourrait changer

Des médias comme *The Guardian* et des experts comme Barney Ronay critiquent ouvertement cette course aux transferts, la qualifiant de *spectacle chaotique* et de *dérive financière*. Ils soulignent que ces dépenses excessives pourraient avoir des répercussions sur l’emploi dans le secteur, notamment pour les petits clubs ou les joueurs moins médiatisés. Certains craignent même que cette situation ne rappelle les excès ayant conduit à la crise de 2008, où des bulles spéculatives avaient éclaté. Ces critiques reflètent une inquiétude croissante face à l’hyperfinanciarisation du football, un sport pourtant ancré dans la culture populaire.

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