NapseflowNapseflow
Généraliste

La Vérif : cinq affirmations inexactes de la ministre Duranceau sur le projet SIFA

ICI Radio-Canada · mis à jour 22 sept.

France-Élaine Duranceau a notamment minimisé le coût du projet qui atteindra, à terme, 677 millions $..

Coût réel du projet SIFA

Le projet SIFA, un système informatique pour le réseau de la santé québécois, est présenté par la ministre France-Élaine Duranceau comme coûtant 329 millions d’euros pour sa réalisation. Cependant, cette estimation est incomplète. Selon des documents confidentiels obtenus par Radio-Canada, le coût total sur 18 ans s’élève en réalité à 677 millions d’euros. Ce montant inclut 329 millions d’euros pour le déploiement initial et 348 millions d’euros de coûts récurrents (maintenance, mises à jour, etc.). Ni le gouvernement ni Santé Québec n’avaient communiqué ce total avant les révélations de l’enquête. Des analyses indépendantes, comme celle de la vérificatrice générale dans le dossier SAAQclic, suggèrent même que le coût pourrait atteindre jusqu’à 1,1 milliard d’euros, voire 1,066 milliard d’euros selon une étude du ministère de la Cybersécurité et du Numérique.

Comparaison trompeuse des coûts

La ministre a affirmé que le projet SIFA générerait 1,2 milliard d’euros d’économies pour un coût de 329 millions d’euros. Cette comparaison est jugée inexacte par des experts, car elle compare des périodes différentes. Les 329 millions d’euros correspondent aux coûts de déploiement sur environ 5 ans, tandis que les 1,2 milliard d’euros d’économies sont estimés sur 18 ans. Pour une évaluation juste, il faudrait comparer les 677 millions d’euros de coûts totaux sur 18 ans avec les économies projetées. Alejandro Romero-Torres, professeur à l’UQAM spécialisé en gestion de projets publics, souligne que négliger les coûts récurrents revient à une mauvaise pratique qui fausse l’analyse. De plus, les fonctionnaires du ministère de la Cybersécurité estiment que les économies de 1,2 milliard d’euros sont surévaluées et mal étayées.

Licences informatiques : chiffres contestés

La ministre a déclaré que les licences des systèmes actuels coûtent 106 millions d’euros par an, contre 20 millions d’euros pour le nouveau système SIFA, promettant des économies de 86 millions d’euros par an. Cependant, LGI Solutions Santé, le principal fournisseur actuel, conteste ces chiffres dans une lettre adressée à la ministre et à Santé Québec. Selon l’entreprise, les coûts réels des licences s’élèvent à 51,5 millions d’euros par an, et en incluant un autre fournisseur marginal, MediSolution, le total atteint au maximum 60 millions d’euros par an. Cette différence représente un écart de 828 millions d’euros sur 18 ans. Santé Québec nuance en expliquant que le chiffre de 106 millions d’euros inclut non seulement les licences, mais aussi les coûts d’exploitation, de maintenance et de mise à jour des systèmes existants.

Systèmes informatiques : désuets ou non ?

La ministre a décrit les systèmes actuels du réseau de la santé comme archaïques, désuets et vulnérables, justifiant ainsi la nécessité du projet SIFA. LGI Solutions Santé rejette cette caractérisation dans sa lettre à la ministre. Des documents du ministère de la Santé confirment que certains établissements, dont des hôpitaux, n’ont pas effectué de mises à jour régulières de leurs systèmes informatiques administratifs pendant des années. Cela a pu contribuer à l’impression de désuétude. Interrogée sur ce point, la ministre a reconnu que les systèmes ne sont peut-être pas mis à jour de manière optimale partout. Santé Québec a répondu que toutes les solutions utilisées respectent les exigences de sécurité en vigueur, sans préciser la fréquence des mises à jour pour des raisons de cybersécurité.

Responsabilités du projet SIFA

La ministre a affirmé que Santé Québec avait mis le projet SIFA en pause dès son arrivée en 2025, car des voyants rouges avaient été détectés. Cette version est contredite par les faits. Santé Québec a pris la responsabilité du projet en décembre 2024. Avant cela, le ministère de la Santé et des Services sociaux avait reçu deux avertissements du ministère de la Cybersécurité et du Numérique en 2024. Santé Québec a ensuite été avertie à trois reprises en 2025 (février, mars et juin) de suspendre le projet. Ce n’est qu’en octobre 2025 que Santé Québec a finalement mis SIFA en pause. Ces éléments remettent en cause la chronologie présentée par la ministre.

Ce que ça pourrait changer

Pour critiquer les conclusions des fonctionnaires, la ministre a affirmé que le projet SIFA concernait 200 000 utilisateurs, alors que seuls les préposés aux bénéficiaires seraient concernés, soit environ 17 000 personnes. Cependant, selon un rapport du ministère de la Cybersécurité et du Numérique, assisté de firmes comptables, le nombre d’utilisateurs ciblés est de 22 000. Cette erreur a été dénoncée par le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), qui parle d’un *faux exemple* utilisé pour discréditer le travail des experts internes. Le syndicat souligne que cette situation illustre l’importance de s’appuyer sur l’expertise interne, une recommandation répétée par des commissions d’enquête comme la commission Gallant.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.