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Société

Coupe du monde 2026: financièrement, qui a touché le gros lot?

Slate FR · mis à jour il y a 16 j

Le Mondial 2026 a offert un mois de spectacle sur les terrains. Mais certains scores ont été réalisés loin des stades.

FIFA, grand gagnant

La FIFA, la fédération internationale de football, est le principal bénéficiaire financier de la Coupe du monde 2026. Selon son président Gianni Infantino, les recettes de la FIFA pour le cycle 2022-2026 devraient atteindre près de 15 milliards de dollars (13,1 milliards d'euros). Ces revenus proviennent de plusieurs sources : les droits de diffusion (vente des droits de retransmission à des chaînes de télévision), les licences (autorisation d'utiliser l'image de la Coupe du monde pour des produits dérivés), les droits d'accueil (frais payés par les pays organisateurs), les contrats de sponsoring (partenariats avec des entreprises comme Coca-Cola ou Adidas) et la billetterie (vente des billets pour les matchs). La FIFA a également lancé une plateforme officielle de revente de billets, sur laquelle elle prélève une commission de 15% à la fois à l'acheteur et au vendeur. Ces revenus records dépassent largement ceux de l'édition 2022, qui s'élevaient à 7,6 milliards de dollars (6,6 milliards d'euros).

Diffuseurs et sponsors en or

Les diffuseurs (chaînes de télévision et plateformes en ligne qui retransmettent les matchs) et les sponsors (entreprises qui paient pour associer leur marque à l'événement) ont également profité financièrement de la Coupe du monde 2026. Les chaînes ont pu augmenter leurs revenus publicitaires grâce à des pauses supplémentaires pendant les matchs. Par exemple, un spot publicitaire de 30 secondes diffusé sur Fox (une chaîne américaine) s'est vendu entre 200 000 et 300 000 dollars (175 000 à 262 000 euros). Avec 104 matchs au total, cela représente des sommes colossales. Les sponsors, comme Nike, ont vu leurs ventes de produits dérivés exploser. La marque a doublé ses ventes de maillots par rapport à 2022, notamment grâce aux maillots de l'Angleterre, de la France et du Brésil. David Beckham, ancien footballeur devenu icône mondiale, a également capitalisé sur l'événement en apparaissant dans une publicité générée par intelligence artificielle, diffusée sur plusieurs chaînes.

Supporters, perdants financiers

Les supporters sont les grands perdants financiers de cette Coupe du monde 2026. Les prix des billets ont atteint des sommets inédits. Par exemple, le président américain Donald Trump a déclaré qu'il ne paierait pas les 1 000 dollars (874 euros) demandés pour le match d'ouverture des États-Unis contre le Paraguay. Pour la finale, les billets les plus chers dépassaient les 32 000 dollars (environ 28 000 euros), et certains billets revendus sur le marché secondaire ont atteint plus de deux millions de dollars (1,75 million d'euros) l'unité. En plus des billets, les supporters ont dû payer des prix élevés pour les vols, la restauration et les hôtels, dont les tarifs ont fortement augmenté pendant le tournoi. La FIFA a mis en place une tarification dynamique, qui ajuste les prix en fonction de la demande, ce qui a encore alourdi la facture pour les fans.

Ce que ça pourrait changer

Les seize villes hôtes (États-Unis, Canada et Mexique) ont peu bénéficié financièrement de la Coupe du monde 2026, malgré les promesses de retombées économiques à long terme. La FIFA avait annoncé une injection de 41 milliards de dollars (36 milliards d'euros) dans l'économie mondiale, mais les experts estiment que les retombées sont limitées dans le temps, voire quasi inexistantes. L'afflux de supporters et de touristes a stimulé temporairement les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration pendant le tournoi, mais l'effet pourrait être éphémère. Alexander Budzier, chercheur à l'université d'Oxford, souligne que les grands événements sportifs peinent à produire les effets économiques promis. Les villes hôtes connaissent souvent une baisse du nombre de visiteurs après l'événement, et les emplois créés sont généralement temporaires et peu rémunérés, notamment dans l'hôtellerie. Selon le chercheur, cela crée des emplois, mais pas de richesse durable.

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