Des mitrailleuses robotisées guidées par IA interceptent les drones Geran-5, les plus difficiles à abattre pour l’Ukraine
L'armée de l'air ukrainienne a affirmé ce lundi 5 octobre que des tourelles de mitrailleuses robotisées, aidées par l'intelligence artificielle, ont abattu des drones russes à réaction, dont le Geran-5. Son porte-parole reconnaît qu'il était lui-même très sceptique..
Les drones Geran-5 sont des drones d'attaque russes propulsés par un moteur à réaction, leur permettant d'atteindre une vitesse d'environ 600 km/h. Ces drones sont particulièrement difficiles à intercepter pour l'Ukraine, car leur vitesse élevée et leur manœuvrabilité les rendent moins vulnérables aux systèmes de défense classiques. Selon les déclarations du porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne, Iouri Ihnat, seulement 60 % de ces drones sont abattus par la défense aérienne ukrainienne, contre 95 % pour les autres types de drones russes. Cette faible efficacité s'explique notamment par leur capacité à voler à des altitudes variables, parfois très élevées, où les systèmes de défense traditionnels peinent à les atteindre. Leur impact est significatif, comme en témoigne une frappe récente sur le pont Nord de Kiev, où un drone a endommagé la chaussée alors que des véhicules circulaient, blessant deux personnes.
Pour contrer la menace des drones Geran-5, l'Ukraine a déployé des tourelles de mitrailleuses robotisées guidées par intelligence artificielle (IA). Ces systèmes, appelés Sky Sentinel, combinent une mitrailleuse lourde de calibre .50 (12,7 mm) avec des capteurs et des algorithmes d'IA pour détecter, suivre et intercepter les drones en temps réel. Contrairement aux systèmes traditionnels, ces tourelles réduisent l'intervention humaine, car l'IA prend en charge la visée et le calcul de la trajectoire de tir. Iouri Ihnat, porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne, a reconnu avoir été initialement sceptique quant à leur efficacité, mais les résultats obtenus ont confirmé leur utilité. Ces tourelles sont notamment déployées près des ponts stratégiques de Kiev, comme celui du Dniepr, pour protéger les infrastructures critiques.
Les tourelles robotisées utilisent deux technologies clés pour intercepter les drones : l'intelligence artificielle (IA) et la vision par ordinateur. L'IA analyse les images capturées par des caméras pour identifier et suivre une cible en mouvement, tandis que la vision par ordinateur permet de calculer avec précision la position et la trajectoire du drone. Grâce à ces systèmes, la tourelle peut anticiper les mouvements de la cible, même à une vitesse de 600 km/h, et ajuster son tir en conséquence. Cette automatisation réduit les erreurs humaines et améliore la réactivité. Cependant, ces tourelles ont une portée limitée, généralement entre 1 et 2 kilomètres, ce qui les rend efficaces uniquement si le drone passe à basse altitude. Elles ne peuvent donc couvrir qu'une zone restreinte et s'intègrent dans une défense aérienne plus large.
L'Ukraine mise sur une défense aérienne multicouche pour contrer les drones Geran-5, combinant plusieurs types d'armements adaptés à différentes altitudes, vitesses et menaces. Les tourelles robotisées, bien que limitées en portée, sont utilisées pour les drones volant à basse altitude. Pour les drones plus hauts ou plus rapides, d'autres systèmes comme les missiles sol-air ou les avions de combat (comme les F-16) sont mobilisés. Cette approche permet de maximiser les chances d'interception tout en optimisant les coûts. Par exemple, une rafale de mitrailleuse coûte bien moins cher qu'un missile sol-air, dont le prix peut atteindre plusieurs millions d'euros. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que plus de douze tourelles étaient déjà installées à Kiev, avec huit autres prévues dans la région.
Malgré leurs avantages, les tourelles robotisées guidées par IA présentent des limites majeures. Leur portée réduite (1 à 2 km) les rend inefficaces contre les drones volant à haute altitude, comme certains Geran-5 qui évoluent à plusieurs kilomètres d'altitude. Elles ne peuvent donc protéger qu'une zone précise et dépendent de la trajectoire du drone. De plus, leur efficacité dépend de la capacité de l'IA à distinguer les cibles réelles des leurres ou des objets inoffensifs. Enfin, bien que moins coûteuses que les missiles, leur déploiement nécessite une infrastructure adaptée et une maintenance régulière. Ces systèmes s'inscrivent donc dans une stratégie globale, où ils complètent d'autres moyens de défense plutôt que de les remplacer entièrement.

