Éric Duhaime reconnaît que ses députés vont faire des gaffes
Les Québécois peuvent s'attendre à des erreurs des élus conservateurs, a affirmé leur chef, Éric Duhaime..
Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), a reconnu publiquement que les nouveaux députés de son parti commettront probablement des erreurs et des gaffes au cours de leur mandat. Cette déclaration a été faite lors d’une cérémonie officielle où 18 élus ont prêté serment à l’Assemblée nationale du Québec, jeudi. Le PCQ, qui a réalisé une percée historique aux élections du 5 octobre dernier en obtenant 19 sièges, est composé en grande majorité de députés sans expérience parlementaire. Cette inexpérience explique en partie les déclarations controversées ou confuses déjà observées parmi certains élus. Le parti, dirigé par Duhaime depuis 2021, cherche ainsi à préparer l’opinion publique à une phase d’apprentissage politique, inévitable pour une formation politique récente à l’échelle québécoise.
Le Parti conservateur du Québec (PCQ) est devenu la deuxième opposition officielle à l’Assemblée nationale, derrière le Parti québécois (PQ), après avoir obtenu 20,7 % des suffrages et 19 sièges lors des élections du 5 octobre. Cette performance marque un retour du PCQ à l’Assemblée nationale après près de 90 ans d’absence, la dernière fois remontant à 1935. Le parti a notamment profité de l’affaiblissement de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans des régions comme Québec, Chaudière-Appalaches, le Centre-du-Québec et Portneuf, jusqu’en Mauricie. Cependant, un scrutin serré dans la circonscription de Champlain, remporté par la candidate conservatrice Adriana Szalontai avec seulement 191 voix d’avance, a nécessité un dépouillement judiciaire et pourrait faire l’objet d’un recomptage à la demande du PQ.
Le PCQ doit relever un défi majeur : gérer une équipe de députés largement inexpérimentés en politique provinciale. Sur les 19 élus, seuls deux députés possèdent une expérience parlementaire significative : Maïté Blanchette Vézina, ancienne membre de la CAQ passée au PCQ en 2025, et Caroline Simard, qui a siégé comme députée libérale de 2014 à 2018. Cette absence d’expérience pourrait entraîner des erreurs de communication ou des prises de position maladroites, comme en témoignent déjà certaines déclarations controversées. Pour y remédier, le nouveau whip du PCQ, Renaud Labrecque, a appelé ses collègues à plus de discipline afin d’éviter de nouvelles polémiques et de renforcer la crédibilité du parti.
Le PCQ arrive à l’Assemblée nationale dans un contexte politique particulier : le gouvernement du Parti québécois (PQ), dirigé par François Legault, est désormais minoritaire avec 60 sièges sur 127. Cette situation donne un poids accru au PCQ, qui détient une partie de la *balance des pouvoirs*, c’est-à-dire la capacité d’influencer les décisions gouvernementales en soutenant ou en bloquant des projets de loi. Cette dynamique politique inédite pour le PCQ depuis des décennies pourrait lui permettre de jouer un rôle clé dans les débats législatifs, mais aussi de subir une pression accrue pour éviter les erreurs qui pourraient fragiliser sa position. Le parti mise sur cette opportunité pour s’imposer comme une force politique durable au Québec.

