Non, tout le monde ne contribue pas à l’effort dans le budget 2027
Avec son budget 2027, Le gouvernement promet un effort « juste ». Faux, répond l'économiste Michaël Zemmour, qui montre que les précaires seront bien davantage mis à contribution que les plus aisés..
Le gouvernement français propose un plan de rigueur pour réduire le déficit public de 43 milliards d’euros dans le budget 2027. Ce plan vise à rééquilibrer les comptes publics, mais il repose principalement sur une baisse des dépenses plutôt que sur une augmentation des recettes. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a affirmé que l’effort serait partagé et juste, mais cette promesse est contestée par l’article. Le déficit s’est creusé en raison d’une faible croissance économique et de baisses d’impôts importantes entre 2017 et 2022, comme la réduction de l’impôt sur les sociétés ou la transformation de l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) en IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière).
L’article souligne que le budget 2027 ne répartit pas équitablement l’effort demandé. Par exemple, une mère seule avec deux enfants, vivant avec un salaire au Smic et des aides sociales, verra son niveau de vie baisser de 1 % en 2027 à cause du gel des prestations sociales (aides au logement, allocations familiales, prime d’activité) alors que l’inflation est estimée à 2,1 %. À l’inverse, un ménage du top 20 % des revenus, sans enfants et en bonne santé, ne sera pas affecté par les mesures. Les millionnaires et milliardaires ne sont pas non plus concernés par ces ajustements. L’article cite le ministre David Amiel, qui a pourtant affirmé que tout le monde doit participer à l’effort.
Les principales mesures du budget 2027 qui pèsent sur les ménages concernent les prestations sociales et les retraites. Parmi elles, on trouve le gel des pensions pour deux tiers des retraités, le gel des aides au logement, des allocations familiales et de la prime d’activité (hors minima sociaux), ainsi que la baisse du plafond de l’abattement pour l’impôt sur le revenu des retraités. Pour les entreprises, le gel des exonérations de cotisations employeur (0,5 % de la masse salariale) est prévu. Les très grandes entreprises bénéficieront même d’une baisse de l’impôt exceptionnel sur les sociétés. Aucune hausse de l’impôt sur le revenu ou du patrimoine n’est envisagée, ni de taxation spécifique pour les milliardaires.
L’article illustre ces inégalités avec deux profils types. Le premier est une mère seule de deux enfants, travaillant à 85 % au Smic horaire et locataire. Son revenu est composé à moitié de salaires et à moitié de prestations sociales (230 € de prime d’activité, 365 € d’aide au logement, 620 € de prestations familiales). En 2027, le gel de ces aides, combiné à l’inflation de 2,1 %, réduira son niveau de vie de 1 %. Le second profil est un couple sans enfants gagnant chacun 3 000 € net par mois : aucune mesure ne réduit son revenu courant. Même avec deux enfants, l’impact serait minime (0,02 % de son revenu). D’autres groupes, comme les retraités moyens ou les fonctionnaires, subiraient une baisse de pouvoir d’achat de 2 % ou plus.
L’article conclut que le slogan *tout le monde contribue* est infondé. Le budget 2027 épargne les classes moyennes supérieures, les riches et les très riches, tout en concentrant les économies sur les prestations sociales et les retraites. Les services publics, dont le financement se dégrade, sont également touchés, ce qui pèse davantage sur les ménages modestes, moins capables de recourir à des solutions privées. L’Institut des politiques publiques (IPP) doit publier une analyse détaillée du budget, mais les premiers constats montrent que l’effort n’est pas équitablement réparti. D’autres mesures, comme celles sur les arrêts maladie, pourraient aggraver la situation, mais leur impact n’est pas encore quantifié dans cet article.

