European Law in an Illiberal Era
École d’été en droit de l’UE organisée par l'Université Paris-Panthéon Assas sous la direction d’A. Iliopoulou-Penot et d’E.
L’article aborde la question du droit européen dans un contexte marqué par la montée de l’illibéralisme, c’est-à-dire un recul des valeurs démocratiques traditionnelles comme l’État de droit, les libertés individuelles ou la séparation des pouvoirs. Ce phénomène se manifeste dans plusieurs pays de l’Union européenne, où des gouvernements adoptent des politiques remettant en cause ces principes, comme le contrôle des médias, la restriction des libertés judiciaires ou des réformes constitutionnelles controversées. Par exemple, des pays comme la Hongrie ou la Pologne ont été pointés du doigt par les institutions européennes pour des atteintes à l’indépendance de la justice ou à la liberté d’expression. L’article souligne que cette tendance pose un défi majeur au droit européen, qui repose sur des fondements libéraux et une coopération entre États membres.
Le droit européen, incarné par des traités comme le Traité sur l’Union européenne (TUE) ou la Charte des droits fondamentaux de l’UE, se trouve confronté à une remise en cause de ses principes par certains États membres. L’illibéralisme crée des tensions entre les institutions européennes, comme la Commission européenne ou la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), et ces États. Par exemple, la CJUE a déjà sanctionné la Pologne pour des réformes judiciaires jugées contraires au droit européen, comme la réduction de l’âge de départ à la retraite des juges. Ces conflits illustrent la difficulté pour l’UE de faire respecter ses valeurs communes face à des gouvernements qui privilégient des logiques nationales ou autoritaires. L’article mentionne que ces tensions pourraient affaiblir la cohésion de l’Union et son rôle comme garant des droits fondamentaux.
Le droit européen joue un rôle central dans la protection des libertés et la régulation des relations entre États membres. Il s’appuie sur des mécanismes comme les procédures d’infraction, qui permettent à la Commission européenne de sanctionner un État ne respectant pas ses obligations, ou le mécanisme de conditionnalité lié au respect de l’État de droit, adopté en 2020. Cet outil permet de suspendre des fonds européens en cas de violations graves. Cependant, son application reste complexe, car elle nécessite un consensus entre les États membres. L’article souligne que ces outils juridiques sont essentiels pour préserver l’équilibre entre souveraineté nationale et intégration européenne, mais leur efficacité dépend de la volonté politique des gouvernements concernés.
Plusieurs cas illustrent les tensions entre droit européen et illibéralisme. En Hongrie, le gouvernement a adopté des lois restreignant la liberté de la presse et l’indépendance des universités, ce qui a conduit la CJUE à condamner le pays pour non-respect du droit européen. En Pologne, des réformes judiciaires ont été jugées contraires à l’indépendance de la justice, entraînant des procédures d’infraction et des sanctions financières. Ces exemples montrent comment des gouvernements peuvent contourner ou ignorer les règles européennes pour servir des intérêts politiques. L’article indique que ces conflits juridiques pourraient s’intensifier, notamment avec l’élargissement de l’UE à de nouveaux membres, certains étant déjà pointés du doigt pour leurs dérives autoritaires.
L’article souligne que l’avenir du droit européen dans un contexte illibéral dépendra de la capacité des institutions européennes à renforcer leurs mécanismes de protection. Cela pourrait passer par une meilleure coordination entre la Commission, le Parlement européen et la CJUE, ou par l’adoption de nouvelles règles pour sanctionner les États récalcitrants. Par exemple, le *règlement sur l’État de droit* adopté en 2020 est un premier pas, mais son application reste limitée. Les experts interrogés dans l’article insistent sur la nécessité d’une approche plus ferme, car l’illibéralisme menace non seulement les droits fondamentaux, mais aussi la stabilité économique et politique de l’UE. La question est donc de savoir si l’Union pourra préserver ses valeurs face à ces défis.

