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Généraliste

Et délivrez-nous de la banalisation du mal

Le Devoir · mis à jour il y a 9 j

Cela se fait souvent loin des coups d’éclat, d’abord en résistant à la normalisation de l’indicible..

Frontière Canada-États-Unis

L’article évoque la frontière entre Stanstead (Canada) et Derby Line (États-Unis), où une bibliothèque historique, la Haskell Free Library and Opera House, est située de part et d’autre de la ligne frontalière. Depuis 2020, les visiteurs canadiens ne peuvent plus emprunter l’entrée principale côté américain, mais doivent passer par une porte dérobée du côté canadien. Cette restriction illustre une normalisation des tensions entre les deux pays sous l’administration américaine actuelle. Des symboles de résistance, comme des autocollants ou des pancartes (« Elbows up », « I stand with Canada »), apparaissent sur les bâtiments des deux côtés, mais leur impact reste limité face à la politique agressive d’un régime qui instrumentalise la force contre ses propres citoyens et alliés.

Dérive autoritaire

L’autrice décrit une dérive autoritaire aux États-Unis sous une présidence qui utilise des outils de surveillance et de répression initialement conçus après les attentats du 11 septembre 2001. Par exemple, deux sœurs, Ines et Elizabeth Soto, ont été condamnées à 50 ans de prison chacune pour « soutien matériel au terrorisme », car elles participaient à un club de lecture et à un groupe de discussion en ligne pour organiser une manifestation. Le régime a élargi la définition du terrorisme via des décrets exécutifs, associant des mouvements comme antifa à des organisations comme al-Qaïda. Cette stratégie permet de cibler des opposants politiques avant même de définir leurs crimes, redéfinissant ainsi les limites de l’État de droit.

Ciblage des opposants

Le texte souligne que les peines infligées aux manifestants anti-ICE (U.S. Immigration and Customs Enforcement) en juin 2023 ont été plus lourdes que celles des insurgés du 6 janvier 2021 ou des condamnés pour collusion avec l’État islamique. Cette sévérité vise à faire des exemples. D’autres cas illustrent cette répression : le présentateur Jimmy Kimmel a renoncé à diffuser une entrevue avec un candidat démocrate après des « menaces » de la FCC (équivalent américain du CRTC), et trois journalistes du journal militaire Stars and Stripes ont été limogés pour « insubordination », possiblement en lien avec un reportage sur les conditions de vie à bord d’un porte-avions. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de musellement des voix critiques.

Infiltration institutionnelle

La répression dépasse le cadre fédéral et s’étend aux États et aux administrations locales. Des négationnistes électoraux occupent désormais des postes clés dans les commissions électorales de plusieurs États, tandis que des candidats aux positions extrémistes (fascistes, racistes, eugénistes) sont désormais légitimés. Par exemple, la loi Halo adoptée dans certains États sanctionne toute personne s’approchant « trop » d’un policier ou d’un agent en action, criminalisant ainsi des gestes de solidarité. Dans le Tennessee, les opérations massives de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) à Memphis passent inaperçues, car il est devenu risqué de les documenter.

Banalisation de l’inacceptable

L’article met en lumière la normalisation de pratiques autrefois considérées comme inacceptables aux États-Unis : l’existence de camps de concentration, la restriction des droits des femmes sur leur corps, la séparation des familles d’immigrants, l’utilisation de gants à décharge électrique par des agents, et la progression de l’État de surveillance. Ces dérives sont rendues possibles par une stratégie systématique de banalisation, où l’abject devient acceptable. Même si les sondages indiquent un affaiblissement du régime actuel, ses effets pourraient persister bien au-delà de son mandat. L’autrice souligne que des gestes de résistance, comme ceux observés à Stanstead-Derby Line, existent mais restent discrets et quotidiens.

Ce que ça pourrait changer

Face à la banalisation du mal, l’autrice appelle à une résistance dès les premiers signes de normalisation de l’indicible. Elle cite une phrase de Leonard Cohen : *« Il y a une fissure en toute chose, et c’est ainsi qu’entre la lumière »*, suggérant que même les petits actes de dissidence comptent. Ces résistances prennent des formes variées : autocollants symboliques, pancartes, ou simplement le refus de se taire face aux abus. L’objectif est de maintenir une vigilance collective pour empêcher que l’inacceptable ne devienne la norme, malgré la pression des institutions et des discours dominants.

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