De retour au Parlement, Carney est talonné sur sa stratégie face aux États-Unis
Les joutes partisanes ont rapidement repris à l’occasion de la rentrée parlementaire..
La rentrée parlementaire à Ottawa, le 21 septembre 2026, a été marquée par des échanges tendus entre le gouvernement libéral de Mark Carney et les partis d'opposition. Dès la première période de questions, le premier ministre a été critiqué pour sa gestion des relations commerciales avec les États-Unis, après l'échec des négociations tarifaires de l'été. Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a accusé Carney d'avoir échoué à séduire le président américain, allant jusqu'à proposer le rétablissement de la taxe sur les services numériques, supprimée en 2025 pour relancer les discussions. Carney a rejeté cette idée, attribuant l'échec des négociations aux Américains. Les oppositions ont aussi exigé des précisions sur l'impact économique des contre-tarifs canadiens sur les produits américains, craignant une hausse des prix pour les consommateurs. Le ministre du Commerce, Dominic LeBlanc, a défendu la position canadienne, affirmant avoir négocié de bonne foi pour protéger les industries et les travailleurs.
Le gouvernement libéral a présenté un nouveau projet de loi intitulé « Bâtir un Canada fort », visant à accélérer l'approbation de certains projets fédéraux et à modifier le Code canadien du travail. Ce texte a immédiatement été critiqué par le Bloc québécois, qui y voit une menace pour les droits des travailleurs. Les libéraux, majoritaires à la Chambre, disposent d'une marge de manœuvre limitée pour les oppositions, qui ne peuvent bloquer les mesures législatives. Parallèlement, les conservateurs ont revendiqué une partie du mérite pour des décisions gouvernementales, comme la suspension de la taxe d'accise fédérale sur l'essence, initialement proposée par leur parti. Mark Carney a été aperçu riant avec le chef de l'opposition, Pierre Poilievre, lors de ces échanges.
Mark Carney a quitté Ottawa en fin de journée pour se rendre à New York, où il participera à la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Depuis son arrivée au pouvoir, il est régulièrement critiqué pour ses absences fréquentes à la Chambre des communes. Une analyse de Global News révélait qu'il n'avait assisté qu'à 29 % des périodes de questions depuis 2026. Yves-François Blanchet a ironisé sur cette absence, suggérant que Carney accordait peu d'importance aux débats parlementaires. Le premier ministre justifie ses déplacements par la nécessité de diversifier les relations commerciales du Canada avec d'autres pays. Il n'est pas confirmé si Carney rencontrera le président américain Donald Trump lors de cet événement.
La rentrée parlementaire a aussi été marquée par l'arrivée de trois nouveaux députés libéraux, élus lors d'élections partielles récentes. Parmi eux, Daniel Gobeil a remporté la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord aux conservateurs. Six sièges restent vacants au Canada, dont trois au Québec, avec des élections partielles prévues dans les prochains mois, notamment à Montréal dans les circonscriptions de Laurier–Sainte-Marie et Rosemont–La Petite-Patrie, anciennement représentées par Steven Guilbeault et Alexandre Boulerice. Ces élections pourraient modifier l'équilibre politique à la Chambre des communes.
Les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis restent tendues, avec des négociations au point mort. Donald Trump a annoncé sur *Truth Social* préparer un accord pour acheter de la *potasse* à la Biélorussie, un minerai essentiel pour les engrais, afin d'éviter de dépendre du Canada. Cette décision s'inscrit dans un contexte de tensions tarifaires, où les États-Unis imposent des droits de douane sur les produits canadiens. Le Canada a répondu par des *contre-tarifs*, mais ces mesures pourraient entraîner une hausse des prix pour les consommateurs, selon les conservateurs. Le gouvernement canadien défend sa stratégie, affirmant avoir agi pour protéger ses industries et sa souveraineté.

