Poutine met en garde l’Europe contre l’envoi de troupes en Ukraine
Selon le président russe, une telle mesure reviendrait à entrer en conflit direct avec Moscou..
Lors d’un sommet du groupe BRICS (un ensemble de grandes économies émergentes incluant la Russie, l’Inde, la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud) en Inde, le président russe Vladimir Poutine a clairement averti l’Europe contre l’envoi de troupes en Ukraine. Selon lui, une telle décision équivaudrait à un conflit direct avec la Russie, ce qui pourrait déclencher une guerre à grande échelle. Poutine a affirmé que Moscou ne menaçait pas les pays européens et n’avait pas l’intention de le faire. Cette déclaration intervient alors que certains dirigeants européens envisagent de participer à une force de maintien de la paix en Ukraine, une idée que la Russie juge inacceptable. Le groupe BRICS, souvent perçu comme une alternative aux alliances occidentales, sert ici de tribune à Poutine pour exprimer sa position face à l’Occident.
Le premier ministre polonais Donald Tusk a alerté sur une possible escalade des tensions aux frontières de l’Ukraine avec la Pologne et la Moldavie. Deux incidents récents ont illustré cette menace : mardi soir, des drones russes ont frappé le poste-frontière de Starokozache, situé entre l’Ukraine et la Moldavie, faisant deux morts. Mercredi, une « menace directe » a visé un point de passage entre la Pologne et l’Ukraine, mais a été évitée grâce à la coopération entre Varsovie (Pologne) et Kyiv (Ukraine). Ces attaques ciblent des infrastructures critiques et pourraient compliquer l’acheminement de l’aide humanitaire ou militaire vers l’Ukraine. La Moldavie, pays frontalier de l’Ukraine, est un partenaire clé pour l’Europe dans cette région.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré à la chaîne allemande Deutsche Welle qu’il accepterait une rencontre avec Vladimir Poutine si les deux dirigeants étaient invités au sommet du G20 (un groupe de 19 pays plus l’Union européenne, représentant les principales économies mondiales) prévu en décembre à Miami, aux États-Unis. Cette proposition survient après que le Kremlin ait répété que Zelensky pouvait se rendre à Moscou pour discuter. Cependant, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réaffirmé que Poutine était prêt à négocier, mais que les opérations militaires russes en Ukraine se poursuivraient pendant les discussions. La Russie et l’Ukraine restent donc dans une impasse diplomatique, malgré les tentatives de médiation.
Les frappes russes en Ukraine ont causé la mort de huit civils et blessé des dizaines d’autres ce samedi. Les attaques se concentrent sur les infrastructures énergétiques, notamment le réseau électrique, dans le but de fragiliser la population avant l’hiver. À Zaporijia, deux personnes ont été tuées et une blessée lors d’une frappe sur un quartier résidentiel. À Kryvyi Rih, une personne est décédée et trois autres ont été blessées. Dans la région d’Odessa, 35 personnes ont été blessées lors d’une attaque massive, dont une tour d’habitation partiellement détruite. À Jytomyr, deux civils ont péri dans une frappe contre une épicerie. Ces chiffres illustrent l’intensification des bombardements russes, qui utilisent des missiles balistiques et des drones pour contourner les défenses ukrainiennes.
En représailles, les forces ukrainiennes ont ciblé deux sites industriels en Russie : une usine chimique à Samara et une autre à Perm. Ces attaques, revendiquées par Kyiv, visent à perturber la production militaire et industrielle russe. Les gouverneurs locaux n’ont pas immédiatement réagi, mais le site indépendant russe Astra a confirmé des dégâts causés par des drones. Ces frappes montrent que le conflit s’étend au-delà des frontières ukrainiennes, avec des échanges de frappes entre les deux pays. Cependant, elles ne modifient pas l’équilibre militaire global, car la Russie conserve une supériorité en termes de ressources et de capacité de frappe.
Selon l’armée britannique, plus de **500 000 soldats russes** auraient été tués en Ukraine depuis le début du conflit. Ce chiffre, s’il est exact, représenterait une perte colossale pour la Russie, tant sur le plan humain que logistique. Ces estimations, difficiles à vérifier de manière indépendante, soulignent l’ampleur des sacrifices consentis par Moscou dans cette guerre. Elles contrastent avec les déclarations russes, qui minimisent souvent l’ampleur des pertes. Ce bilan humain pourrait influencer les décisions stratégiques des deux camps, notamment en termes de négociation ou de poursuite des hostilités.

