L’Assemblée nationale sera à peine paritaire, mais avec une députée de moins qu’en 2022
L’égalité hommes-femmes a reculé au Salon bleu avec les dernières élections, tandis que la diversité stagne..
Les élections québécoises de 2026 ont abouti à une Assemblée nationale où les femmes représentent 44,9 % des députés, soit 57 femmes élues sur 127 sièges. Ce chiffre marque un léger recul par rapport à 2022, où 58 femmes siégeaient (45,3 %). La parité stricte (50 %) n’est donc pas atteinte, alors que les femmes constituent 49,8 % de la population québécoise. Cette situation met en lumière les écarts persistants entre la représentation politique et la réalité démographique du Québec.
La proportion de femmes élues varie significativement selon les partis politiques. Le Parti québécois (PQ) arrive en tête avec 47,5 % de femmes parmi ses 59 députés, suivi du Parti libéral du Québec (PLQ) à 45 % (18 femmes sur 40). Québec solidaire (QS) affiche 44,4 % de femmes (4 sur 9), tandis que le Parti conservateur du Québec (PCQ) est le moins paritaire, avec seulement 36,8 % de femmes (7 sur 19). Ces écarts s’expliquent en partie par la proportion de candidates féminines présentées par chaque parti : le PCQ n’en avait que 27 %, contre 55 % pour QS.
La diversité ethnoculturelle à l’Assemblée nationale stagne également. Quinze députés issus des minorités visibles ou des communautés autochtones ont été élus, soit le même nombre qu’en 2022. Leur représentation reste donc à environ 12 % des sièges, alors qu’ils constituent près de 16 % de la population québécoise selon le recensement de 2021. Le PLQ compte le plus grand nombre de ces députés (7), suivi du PQ (4) et de QS (3). Le PCQ n’en a élu qu’un seul, soit 5 % de sa délégation.
Cette situation soulève des questions sur l’égalité et la diversité en politique. Valérie Caron, directrice du Groupe Femmes, politique et démocratie, souligne que la parité dépend encore largement de la volonté des partis politiques. Elle rappelle qu’au Québec, l’égalité ne devrait pas être un hasard, mais une règle démocratique. Un projet de loi sur la parité avait d’ailleurs été déposé par le PLQ en 2021, et une loi existe déjà pour les conseils d’administration des sociétés d’État. Le prochain gouvernement, dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, pourrait donc légiférer pour renforcer la parité, notamment dans la composition du cabinet ministériel.
Ces élections ont eu lieu dans un contexte où la montée de l’antiféminisme au Canada a été soulignée par un rapport déposé à la Chambre des communes en juin 2026. La parité à l’Assemblée nationale est donc un sujet d’actualité, d’autant plus que le Québec se targue souvent d’être une société progressiste. Les résultats montrent que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour refléter la diversité de la société québécoise dans ses institutions politiques.

