NapseflowNapseflow
Généraliste

Guerre commerciale : où en sont les négociations entre le Canada et les États-Unis?

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 15 j

Les deux camps négocient de façon intensive pour éviter de nouveaux tarifs douaniers américains dès mercredi..

Contexte des tensions

Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis sont dans une impasse à deux jours de l’échéance fixée par l’administration Trump. Cette dernière menace d’appliquer dès mercredi des droits de douane de 50 % sur des centaines de produits canadiens, comme l’acier, l’aluminium, l’automobile, le bois d’œuvre ou les produits laitiers. Les délégations canadiennes, menées par le ministre du Commerce intérieur Dominic LeBlanc et la négociatrice en chef Janice Charrette, tentent d’éviter cette mesure lors de rencontres à Washington avec des responsables américains, dont le représentant au Commerce Jamieson Greer et le secrétaire au Commerce Howard Lutnick. Le premier ministre canadien Mark Carney prévoit de s’entretenir directement avec le président américain Donald Trump d’ici mercredi pour tenter de désamorcer la crise.

Réponse canadienne aux tarifs

Le Canada a prévenu que si les États-Unis appliquent leurs menaces de droits de douane à 50 %, Ottawa ripostera par des mesures tarifaires équivalentes. L’ancien premier ministre du Québec Jean Charest, membre d’un comité consultatif sur les relations économiques canado-américaines, a confirmé que tous les secteurs pourraient être touchés par cette réplique, sans préciser lesquels. Cette stratégie vise à montrer que le Canada ne restera pas passif face à ce qu’il considère comme une mesure protectionniste injustifiée. Les négociations restent tendues, car Washington maintient ses exigences, notamment sur l’accès aux marchés canadiens pour ses produits automobiles, laitiers et alcoolisés.

Enjeux automobiles clés

Les États-Unis accusent le Canada d’imposer des droits de douane de 25 % sur les véhicules américains importés, tout en appliquant des tarifs moins élevés pour les voitures en provenance d’autres pays. Pour réduire cette tension, Washington propose de baisser ses droits de douane à 12,5 %, une offre jugée insuffisante par Ottawa. Le syndicat Unifor, représentant 320 000 travailleurs canadiens, met en garde contre toute concession, car cela pourrait ouvrir la porte à des droits de douane permanents dans le cadre de l’ACEUM (Accord Canada-États-Unis-Mexique), l’accord commercial renégocié entre les trois pays. Le Canada cherche à éliminer ou réduire ces tarifs, qui pèsent lourdement sur son industrie automobile.

Système laitier en débat

Les États-Unis critiquent le système canadien de gestion de l’offre pour les produits laitiers, qui limite les importations de fromage américain via des quotas stricts. Selon Washington, ces restrictions sont plus sévères que celles appliquées aux importations européennes, ce qui justifierait les nouveaux droits de douane. Le Canada n’a pas encore précisé ses concessions possibles sur ce dossier, mais toute modification du système laitier pourrait être politiquement risquée, notamment au Québec, où l’industrie laitière emploie des milliers de personnes. La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a réaffirmé que ce système est une limite infranchissable pour sa province.

Alcool et autonomie provinciale

L’interdiction de vendre des produits alcoolisés américains dans la plupart des provinces canadiennes, à l’exception de l’Alberta et de la Saskatchewan, est un autre point de friction. Le gouvernement fédéral a demandé aux provinces de se préparer à lever ces restrictions si un accord est trouvé, mais certaines, comme le Québec, conditionnent cette levée à des concessions américaines, comme une réduction des droits de douane sur l’aluminium. Cette question est cruciale, car elle touche à l’autonomie des provinces en matière de régulation des ventes d’alcool, un domaine traditionnellement réservé à leurs compétences.

Secteurs industriels menacés

Les droits de douane américains de 50 % pourraient cibler des produits spécifiques comme le charbon, le contre-plaqué ou les portes en bois, ce qui pénaliserait particulièrement la Colombie-Britannique, dont l’économie dépend en partie du bois d’œuvre. Les droits de douane actuels sur ce secteur s’élèvent déjà à 45 %. Par ailleurs, le Canada tente de réduire les droits de douane de 10 % à 50 % déjà appliqués sur l’acier, l’aluminium et le cuivre. Pour soutenir ces industries, Ottawa a annoncé un milliard d’euros de prêts via la Banque de développement du Canada (BDC) et un programme de 100 millions d’euros pour subventionner les coûts de transport de l’acier canadien.

Ce que ça pourrait changer

Les États-Unis cherchent à obtenir un accès préférentiel aux *minéraux critiques* canadiens, comme le lithium, le nickel, le cobalt et le cuivre, essentiels pour leurs industries de la sécurité et de l’énergie. Ottawa a déjà accéléré sa production de ces ressources dans le cadre d’une stratégie nationale publiée en 2022. Parallèlement, Donald Trump a annoncé un investissement de près de 3 milliards d’euros dans des projets américains de minéraux critiques et de batteries, afin de réduire leur dépendance envers la Chine. Enfin, le Canada examine la possibilité d’acheter des avions de chasse F-35 américains, un dossier qui ajoute une dimension stratégique aux négociations.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.