Au Mexique, le recul du parti présidentiel Morena dans les sondages ne profite pas à l’opposition
À neuf mois des élections fédérales de juin 2027, Morena, parti de la présidente Claudia Sheinbaum, conserve une large avance dans les sondages, malgré une érosion de sa popularité. Face au parti au pouvoir, les principales formations d’opposition peinent pour l’heure à transformer le mécontentement d’une partie des Mexicains en dynamique électorale..
En juin 2027, le Mexique organisera des élections fédérales majeures pour renouveler les 500 sièges de députés et élire 17 gouverneurs d’État, soit près de la moitié des 32 entités fédérales du pays. Ce scrutin est présenté comme un test décisif pour le parti au pouvoir, Morena, et pour évaluer l’héritage politique de l’ancien président Andrés Manuel López Obrador, surnommé AMLO, qui a dirigé le pays de 2018 à 2024. Son projet, appelé la Quatrième Transformation ou 4T, vise une refonte sociale et politique du Mexique. Actuellement, 12 des 17 États appelés à renouveler leurs gouverneurs sont dirigés par un membre de Morena, ce qui illustre sa domination politique récente. Ces élections permettront aussi de mesurer l’influence de Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique depuis 2024 et successeure d’AMLO, élue avec une popularité record.
Malgré une érosion de sa popularité dans les sondages, le parti Morena conserve une large avance à neuf mois des élections de 2027. Les premières enquêtes d’opinion montrent que Morena reste le favori, même si son score recule légèrement. Cette situation s’explique en partie par des scandales récents impliquant des membres du parti, dont des accusations de liens avec le narcotrafic visant certains gouverneurs. Pourtant, ces affaires n’ont pas suffi à inverser la tendance en faveur de l’opposition. Morena reste donc en position de force pour ces élections, malgré un contexte politique moins favorable qu’auparavant.
Les principaux partis d’opposition, comme le Parti d’action nationale (PAN, droite) ou le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre), peinent à capitaliser sur le mécontentement des Mexicains envers Morena. Malgré des critiques croissantes envers le gouvernement, ces formations ne parviennent pas à transformer ce mécontentement en dynamique électorale. Les sondages indiquent que leur part d’intention de vote reste stable, sans progression significative. Cette incapacité à fédérer pourrait s’expliquer par des divisions internes, un manque de propositions alternatives claires ou une défiance généralisée envers la classe politique traditionnelle.
Ces élections sont cruciales pour évaluer la solidité du projet politique de la Quatrième Transformation (4T), lancé par AMLO. Elles permettront aussi de mesurer l’influence de Claudia Sheinbaum, dont la légitimité repose en partie sur la continuité de ce projet. Le scrutin de 2027 servira également de baromètre pour la popularité du gouvernement actuel, confronté à des défis comme la corruption, la violence liée au narcotrafic ou les tensions sociales. Enfin, ces élections pourraient révéler des changements dans l’équilibre des forces politiques au Mexique, même si Morena reste pour l’instant en tête.
Les récents scandales impliquant des membres de *Morena*, notamment des accusations de narcotrafic visant des gouverneurs, ont fragilisé l’image du parti. Ces affaires ont alimenté un climat de défiance envers le gouvernement, sans pour autant profiter à l’opposition. Les Mexicains semblent divisés entre leur soutien au projet de la *4T* et leur exaspération face à la corruption et à l’impunité. Ce paradoxe illustre la complexité de la situation politique actuelle, où les électeurs oscillent entre fidélité à un parti et rejet des dysfonctionnements institutionnels. Les prochains mois seront déterminants pour voir si ce mécontentement se cristallise ou s’estompe.

