Une étrange épidémie de diarrhée explosive perturbe un petit peu l'été aux États-Unis
Au moins 150 cas ont déjà été détectés de mi-mai à mi-juin aux États-Unis, et c'est sans compter les malades non déclarés. Mais d'où sort cette étrange épidémie?.
Depuis mai 2026, une épidémie de diarrhée explosive touche les États-Unis, perturbant quelque peu l'été américain marqué par la Coupe du monde et le 250ᵉ anniversaire de l'indépendance. Cette maladie, appelée cyclosporose, est causée par un parasite microscopique nommé Cyclospora, principalement l'espèce C. cayetanensis. Les symptômes, qui apparaissent environ une semaine après l'infection, incluent une diarrhée liquide, bruyante et explosive, accompagnée parfois de fatigue, de perte d'appétit et de vomissements. Selon la Clinique de Cleveland, ces symptômes peuvent durer de une à deux semaines, voire jusqu'à un mois dans les cas les plus graves. Bien que rare, la maladie peut nécessiter une hospitalisation, comme en témoignent les 20 cas recensés sur les 150 signalés depuis mi-mai 2026 dans 17 États américains.
La cyclosporose se contracte en ingérant des aliments ou de l'eau contaminés par les œufs microscopiques du parasite Cyclospora. Ces œufs, invisibles à l'œil nu, proviennent généralement de selles infectées. Contrairement à d'autres maladies parasitaires, la cyclosporose ne se transmet pas directement d'une personne à une autre. Les épidémies estivales sont fréquentes aux États-Unis en raison de la consommation accrue de fruits et légumes crus, souvent contaminés lors de leur culture ou de leur manipulation. Cependant, cette année, les autorités sanitaires peinent à identifier la source exacte de l'infection, ce qui rend la situation inhabituelle. Les CDC (Centres américains de contrôle et de prévention des maladies) ont ainsi recensé entre 31 et 80 cas officiels à New York, tandis que l'État du Michigan a déclaré plus de 150 cas en une semaine fin juin 2026.
Le diagnostic de la cyclosporose est rendu difficile par plusieurs facteurs. D'abord, les symptômes, bien que gênants, ne poussent pas toujours les personnes infectées à consulter un médecin, car ils disparaissent souvent spontanément. Ensuite, la plupart des laboratoires ne réalisent pas d'analyses de routine pour détecter ce parasite dans les selles. Les médecins doivent donc demander des examens spécifiques, et encore faut-il que les échantillons contiennent suffisamment de parasites pour être détectables dès le premier test. Résultat, le processus peut prendre plusieurs jours, alors que la maladie, bien que désagréable, n'est généralement pas grave pour une personne en bonne santé. Les CDC imposent tout de même la déclaration de cette maladie dans 47 des 50 États américains, car elle peut devenir sérieuse en cas de complications.
Bien que la cyclosporose soit rarement mortelle, elle peut entraîner des complications chez les personnes immunodéprimées ou fragiles. Pour l'éviter, les autorités sanitaires recommandent des mesures d'hygiène strictes : se laver les mains avec du savon et de l'eau avant et après la préparation ou la consommation de fruits et légumes, laver soigneusement ces derniers à l'eau courante, et les conserver au réfrigérateur s'ils ont été épluchés, coupés ou cuits. Ces précautions sont d'autant plus importantes en été, période propice aux repas en plein air où les conditions d'hygiène peuvent être moins contrôlées. Aucune source alimentaire n'ayant encore été identifiée cette année, ces mesures restent les seuls moyens de prévention disponibles. Les épidémies précédentes, comme celle liée à la *Listeria* dans des salades prêtes à consommer, avaient permis d'identifier rapidement les aliments contaminés.

