“C’est déjà la guerre” : la Hongrie chasse dix diplomates russes accusés d’espionnage
Avec cette décision choc annoncée le 8 septembre, le gouvernement de Peter Magyar se démarque de l’ère Orban, prorusse, mais il prend un risque politique et engage la sécurité énergétique du pays, qui est très dépendant de la Russie, analysent les observateurs..
En Hongrie, le gouvernement dirigé par Peter Magyar a annoncé le 8 septembre 2026 l’expulsion de dix diplomates russes, accusés d’espionnage. Cette décision marque une rupture avec la politique pro-russe menée par l’ancien Premier ministre Viktor Orban, au pouvoir pendant plus de quatorze ans. Peter Magyar, arrivé au pouvoir après les élections du 12 avril 2026, a désigné la Russie comme une menace pour la Hongrie dès la fin août 2026. Cette évolution illustre un rapprochement de la Hongrie avec l’Union européenne (UE) et ses alliés occidentaux, après des années de relations étroites avec Moscou. Les observateurs soulignent que cette mesure, bien que risquée, envoie un signal fort aux partenaires occidentaux, qui doutaient de la fiabilité de la Hongrie sous Orban.
Les diplomates russes expulsés étaient accusés de mener des activités de renseignement intensives depuis le territoire hongrois. Selon l’expert Jozsef Kis-Benedek, ces activités étaient particulièrement actives sous le gouvernement Orban, qui aurait dû prendre des mesures contre elles dès le début de la guerre en Ukraine en 2022. L’expulsion de ces dix diplomates est décrite comme une mesure « drastique mais justifiée » par les autorités hongroises. Budapest précise qu’elle ne souhaite pas rompre totalement le dialogue avec Moscou, mais veut montrer que la Hongrie adopte désormais une position plus ferme face aux activités russes sur son sol. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de réorientation de la politique étrangère hongroise.
La Hongrie est fortement dépendante de la Russie pour son approvisionnement en énergie, notamment en gaz naturel. Cette dépendance expose le pays à des pressions économiques de la part de Moscou, ce qui rend la décision d’expulser les diplomates russes particulièrement risquée. Les observateurs estiment que Peter Magyar prend un pari politique en s’éloignant de la Russie, car une réaction russe pourrait aggraver la situation économique de la Hongrie. Malgré ce risque, le gouvernement hongrois semble déterminé à marquer une rupture avec l’ère Orban, tout en cherchant à préserver la stabilité du pays. Cette décision pourrait aussi renforcer la confiance des partenaires européens envers la Hongrie.
L’expulsion des diplomates russes a été saluée par certains médias hongrois, comme **Telex**, qui soulignent que cette mesure était attendue depuis l’arrivée de Peter Magyar au pouvoir. Le gouvernement hongrois espère ainsi envoyer un message clair aux alliés occidentaux, qui avaient perdu confiance dans la Hongrie en raison de sa proximité avec la Russie. Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de tensions géopolitiques en Europe, où plusieurs pays renforcent leur position face à Moscou. La Hongrie, en adoptant une posture plus critique envers la Russie, se rapproche des positions de l’UE et de l’OTAN, tout en prenant le risque de froisser son partenaire énergétique traditionnel.

