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Nains à fusil, Bilbon gothique

Numerama · mis à jour il y a 7 j

Avant que Warner Bros. ne transforme l'adaptation de Tolkien Le Hobbit en une trilogie numérique étirée jusqu'à la nausée, le réalisateur mexicain Guillermo del Toro tenait les rênes du projet.

Projet de Del Toro

En 2008, le réalisateur mexicain Guillermo del Toro a été choisi pour adapter Le Hobbit de J.R.R. Tolkien en un diptyque cinématographique, c'est-à-dire deux films. Contrairement à la trilogie de Peter Jackson, son approche visait un style gothique, poétique et organique, s'éloignant des effets numériques (tout-CGI) pour privilégier le maquillage, les animatroniques (technique utilisant des mécanismes pour animer des personnages ou des créatures) et les prothèses physiques. Ce projet a été abandonné en 2010 après deux ans de préproduction en raison de difficultés financières de la société MGM, qui détenait les droits. Les trois films de Peter Jackson ont finalement rapporté près de 2,9 milliards d'euros dans le monde pour un budget estimé à 765 millions d'euros.

Bilbon Sacquet revisité

Dans la version de Del Toro, Bilbon Sacquet n'était pas le hobbit naïf et casanier du roman ou des films de Jackson. Le réalisateur imaginait un personnage vieillissant, amer et rigide, ayant perdu son âme d'enfant. Le voyage vers la Montagne Solitaire devait représenter une reconquête tragico-comique de sa jeunesse perdue, bien plus qu'une simple aventure initiatique. Cette approche s'inspirait de la noirceur et de la poésie du livre original de Tolkien, un conte pour enfants teinté de sombre, plutôt que d'une esthétique de guerre totale comme dans Le Retour du Roi.

Designs et créatures

Del Toro souhaitait des designs organiques et brutaux pour les créatures de la Terre du Milieu. Les Gobelins, les Araignées de Forêt Noire et les Wargs (loups géants) devaient être repensés avec une esthétique bizarromorphe, mêlant horreur et fantastique. Les Nains devaient être équipés de canons artisanaux et de pièces d'artillerie pour assiéger Erebor, une vision bien plus steampunk (mélange de technologie industrielle et de style victorien) que celle des films de Jackson. Smaug, le dragon, aurait été une créature serpentiforme au museau effilé, avec des yeux dissimulés pour accentuer son côté prédateur et avide.

Casting envisagé

Le casting rêvé par Del Toro incluait des acteurs connus pour leur présence scénique et leur capacité à incarner des personnages charismatiques. Brian Blessed, célèbre pour Flash Gordon, devait jouer Thorin Écu-de-Chêne, apportant une dimension théâtrale et démesurée au rôle. Ian McShane, connu pour Deadwood et John Wick, était pressenti pour un Nain majeur, tandis que Ron Perlman, acteur fétiche de Del Toro, aurait incarné Beorn, un colosse capable de se transformer en ours. Doug Jones, spécialiste des prothèses et des rôles de créatures (Hellboy, La Forme de l'eau), aurait joué une créature inédite ou le Roi des Gobelins.

Structure en deux films

Contrairement à la trilogie de Jackson, Del Toro prévoyait un diptyque strict, c'est-à-dire deux films. Le premier aurait couvert le voyage de Bilbon jusqu'à la fuite des Nains d'Erebor, tandis que le second aurait fait le lien avec le départ de Bilbon et le réveil de l'Ombre au Sud, servant de transition organique vers La Communauté de l'Anneau. Cette structure visait à éviter l'étirement artificiel de l'histoire, souvent critiqué dans la trilogie de Jackson. Le projet a été abandonné après deux ans de préproduction, laissant derrière lui des carnets de croquis et des regrets parmi les fans.

Ce que ça pourrait changer

L'abandon du projet de Del Toro est directement lié à des difficultés financières de MGM, la société détenant les droits sur *Le Hobbit*. Ces problèmes ont contraint le réalisateur à quitter le projet en 2010, ouvrant la voie à l'adaptation par Peter Jackson. Les trois films de Jackson ont rencontré un succès commercial malgré les critiques, rapportant 2,9 milliards d'euros au box-office mondial pour un budget de 765 millions d'euros. Le rejet critique de ces films contraste avec leur succès public, soulignant les attentes différentes entre le public et les critiques.

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