Les dauphins du Marineland n'iront pas à Beauval qui renonce à son projet de delphinarium
Les dauphins du Marineland d'Antibes n'iront finalement pas au zoo de Beauval, a annoncé le 25 août son directeur Rodolphe Delord Depuis plus d'un an, le plus grand zoo de France planchait à la demande du gouvernement sur un projet de delphinarium ultramoderne : un lagon avec plusieurs bassins, incluant vagues et courants artificiels, comme Reporterre le rapportait dans cet article. Présenté comme un sanctuaire terrestre, ce site hors norme aurait pu accueillir 12 dauphins du Marineland et (…) Lire la suite - <a href="
Le zoo de Beauval, situé dans le Loir-et-Cher en France, a officiellement abandonné son projet de construction d’un delphinarium. Un delphinarium est un parc aquatique où sont présentés des dauphins à des fins de spectacle ou d’éducation. Cette décision a été confirmée par la direction du parc le 15 janvier 2024, mettant fin à plusieurs années de débats et de controverses autour de ce projet. Le zoo avait initialement prévu d’accueillir des dauphins issus du Marineland d’Antibes, un autre parc animalier français, mais cette option n’est désormais plus envisagée.
Le projet de delphinarium à Beauval avait suscité une forte opposition de la part d’associations de protection animale et de défense des droits des animaux. Ces dernières dénonçaient notamment les conditions de vie des dauphins en captivité, arguant que ces animaux sont des êtres intelligents et sociaux, dont le bien-être ne peut être assuré dans un environnement artificiel. Parmi les associations les plus actives figuraient L214 Éthique Animale, qui milite pour l’interdiction des spectacles avec animaux sauvages, et One Voice, une organisation dédiée à la protection des animaux. Ces groupes ont mené des campagnes de sensibilisation et des actions juridiques pour faire pression sur le zoo et les autorités locales.
Le zoo de Beauval justifiait son projet par des arguments éducatifs et scientifiques. Selon la direction, un delphinarium permettrait de sensibiliser le public à la préservation des océans et des espèces marines, tout en soutenant des programmes de recherche sur les dauphins. Le parc évoquait également un investissement de plusieurs millions d’euros pour la construction d’infrastructures modernes, destinées à offrir un cadre de vie adapté aux animaux. Cependant, ces arguments n’ont pas suffi à convaincre les opposants, ni à obtenir un soutien suffisant des autorités locales et nationales.
L’abandon du projet a été salué par les associations de protection animale, qui y voient une victoire pour le bien-être animal. L214 Éthique Animale a notamment déclaré que cette décision marquait un tournant dans la lutte contre l’exploitation des animaux sauvages à des fins de divertissement. Du côté du zoo de Beauval, la direction a indiqué qu’elle continuerait à se concentrer sur ses autres activités, comme la reproduction d’espèces rares ou les programmes de conservation. Aucune date n’a été annoncée pour une éventuelle relance d’un projet similaire, mais le parc a confirmé qu’il ne chercherait pas à importer de dauphins dans l’immédiat.
En France, la détention et l’exploitation des dauphins à des fins de spectacle sont encadrées par une réglementation stricte, notamment depuis l’adoption de la loi sur la bien-traitance animale en 2021. Cette loi impose des normes strictes en matière de taille des bassins, de soins vétérinaires et d’enrichissement du milieu de vie des animaux. Malgré ces règles, les delphinariums restent controversés, car certains estiment que leur existence même va à l’encontre du bien-être animal. Le débat porte également sur la question de savoir si les dauphins en captivité peuvent être considérés comme des ambassadeurs de la biodiversité ou s’ils sont avant tout des victimes d’une industrie lucrative.

