Une vingtaine de pays aux couleurs des États-Unis ? La carte “provocatrice” de Trump irrite l’Islande
Sur une carte générée par l’intelligence artificielle et publiée sur son réseau Truth Social, Donald Trump revendique la souveraineté des États-Unis sur la majorité de l’Amérique du Nord et des Caraïbes, mais aussi sur l’Islande. De quoi provoquer de vives réactions de Reykjavik, qui a rappelé son ambassadeur aux États-Unis..
Le 6 septembre 2026, l’ancien président américain Donald Trump a publié sur son réseau social Truth Social une carte générée par intelligence artificielle (IA) revendiquant la souveraineté des États-Unis sur une vingtaine de pays et territoires. Cette carte, où le drapeau américain recouvre notamment le Mexique, le Canada, le Groenland, l’Islande et plusieurs îles des Caraïbes (Cuba, Jamaïque, Haïti, etc.), a suscité une vive réaction en Islande. L’IA, un système informatique capable de produire des images à partir de données, est ici utilisée pour créer une représentation visuelle de ces revendications territoriales. Trump, connu pour ses déclarations polémiques, a déjà multiplié les provocations similaires ces dernières semaines, comme le renommage de lieux géographiques ou la modification de noms de détroits.
L’Islande, pays nordique de 376 000 habitants, a réagi avec fermeté à cette carte. Le gouvernement islandais a rappelé son ambassadeur aux États-Unis pour consultations, une mesure diplomatique classique en cas de désaccord majeur entre deux pays. Cette réaction s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre les deux nations, bien que les relations bilatérales restent généralement stables. L’Islande, membre de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) et allié historique des États-Unis, n’a jamais été revendiquée par Washington, même lors des périodes de forte influence américaine dans la région arctique. La publication de cette carte, incluant pour la première fois l’Islande dans une liste de territoires américains, est perçue comme une provocation inutile par Reykjavik.
Selon les médias américains et internationaux comme The Hill et ABC News, la carte de Trump inclut une quinzaine de pays et territoires d’Amérique du Nord et des Caraïbes, ainsi que l’Islande. Les territoires revendiqués sont le Mexique, le Canada, le Groenland (autonomie danoise mais proche des États-Unis), Cuba, le Guatemala, le Belize, le Salvador, le Honduras, la Jamaïque, Haïti, la République dominicaine, les Bahamas, et les îles Turques-et-Caïques. Cette liste étend les revendications habituelles de Trump, qui se concentraient jusqu’ici principalement sur le Groenland et le Canada. L’inclusion de l’Islande, située à plus de 3 000 km des côtes américaines, est présentée comme une nouveauté par les observateurs, même si Trump avait déjà confondu l’Islande avec le Groenland dans le passé.
Cette carte s’ajoute à une série de déclarations et d’actions de Donald Trump visant à marquer symboliquement l’influence américaine à l’échelle mondiale. Parmi ses dernières provocations, on compte le décret signant le changement de nom du lac Ontario en lac d’Amérique en août 2026, ou encore la suggestion de rebaptiser le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman, en détroit Trump. Ces initiatives, souvent relayées par les médias internationaux, visent à renforcer l’image d’un président assertif sur la scène internationale, même si elles n’ont aucune valeur juridique ou diplomatique. Elles s’inscrivent dans une stratégie de communication agressive, typique de l’ère Trump, où les symboles priment sur les réalités géopolitiques.
La publication de cette carte a provoqué des réactions variées dans le monde. Les médias américains et européens soulignent le caractère provocateur et irréaliste de ces revendications, rappelant que le droit international ne reconnaît pas ces prétentions territoriales. Les pays concernés, comme le Canada ou le Mexique, n’ont pas encore réagi officiellement, mais leur silence contraste avec la fermeté de l’Islande. Cette affaire illustre les tensions récurrentes autour des questions de souveraineté et d’influence, notamment dans les régions polaires et stratégiques comme l’Arctique. Elle rappelle aussi l’importance des alliances diplomatiques pour les petits pays, comme l’Islande, qui dépendent de la stabilité des relations internationales pour leur sécurité et leur développement économique.

