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Géopolitique

En Indonésie, la colère étudiante gronde contre le gouvernement

Courrier International · mis à jour il y a 14 j

Vie chère, forêts qui brûlent, libertés en recul : pour le deuxième anniversaire de l’arrivée au pouvoir du président Prabowo Subianto, les étudiants indonésiens ont investi les rues. Pour la presse locale, l’exemple français et européen doit servir d’alerte au gouvernement pour écouter sa jeunesse..

Mobilisation étudiante

Le 20 octobre 2026, des centaines d’étudiants indonésiens ont manifesté dans plusieurs villes du pays, dont Jakarta, Yogyakarta, Bandung et Makassar, pour exprimer leur mécontentement envers le gouvernement du président Prabowo Subianto (surnommé Prabowo), au pouvoir depuis deux ans. Ces manifestations, organisées par des étudiants mais aussi soutenues par des militants écologistes comme ceux de Greenpeace Indonesia, visaient à dénoncer une série de problèmes sociaux, économiques et environnementaux. Les revendications portaient notamment sur la reconnaissance des incendies de forêt comme catastrophe nationale (2 millions d’hectares brûlés en neuf mois), la hausse des prix, l’intervention de l’armée dans les affaires civiles, les atteintes à la liberté d’expression, la corruption, ainsi que l’accès inégal à l’éducation et aux soins. Les manifestants ont scandé des slogans comme "Pas de progrès sans protestation", soulignant leur rejet des politiques gouvernementales actuelles.

Crise politique et sociale

La colère étudiante s’inscrit dans un contexte de crise politique et sociale en Indonésie. Le président Prabowo Subianto, au pouvoir depuis octobre 2024, voit sa popularité s’effondrer, passant sous la barre des 50 % en octobre 2026, selon un sondage cité par The Jakarta Post. Ce chiffre, qui atteint 44,5 %, représente le plus bas niveau enregistré depuis le début de son mandat, contre plus de 80 % initialement. Les manifestants critiquent également des politiques perçues comme répressives, notamment l’utilisation de l’armée dans des affaires civiles, ce qui soulève des questions sur la séparation des pouvoirs et les libertés individuelles. La crise économique, marquée par une hausse des prix, aggrave le mécontentement général, tandis que les incendies de forêt, qui ravagent des millions d’hectares, illustrent l’inaction gouvernementale face aux défis environnementaux.

Revendications majeures

Les manifestants indonésiens ont formulé un cahier de doléances précis, reflétant des préoccupations à la fois locales et globales. En tête des revendications figure la reconnaissance des incendies de forêt comme catastrophe nationale, avec 2 millions d’hectares brûlés en neuf mois, un chiffre qui met en lumière l’urgence écologique du pays. Les étudiants demandent également des mesures contre la hausse des prix, qui pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages, ainsi que la fin de l’intervention de l’armée dans les affaires civiles, perçue comme une atteinte aux principes démocratiques. La lutte contre la corruption, un fléau historique en Indonésie, et la défense de la liberté d’expression sont aussi des priorités. Enfin, les manifestants réclament un meilleur accès à l’éducation et aux soins, deux secteurs souvent négligés dans un pays où les inégalités sociales restent marquées.

Inspiration internationale

Les manifestants indonésiens s’inspirent des mouvements sociaux récents en Europe, notamment en France, où les protestations étudiantes et sociales ont marqué l’actualité. La presse locale voit dans ces mobilisations une opportunité pour le gouvernement indonésien de tirer des leçons des crises européennes, où les gouvernements ont parfois été critiqués pour leur gestion des mouvements de protestation. L’article souligne que l’exemple français et européen pourrait servir d’alerte pour Prabowo Subianto, l’incitant à écouter les revendications de la jeunesse et à éviter une escalade des tensions. Cette référence internationale montre comment les dynamiques sociales et politiques peuvent se répondre d’un continent à l’autre, malgré les différences de contexte.

Ce que ça pourrait changer

Les manifestations en Indonésie ont été marquées par des actions symboliques fortes, comme celle des militants de *Greenpeace Indonesia*, qui se sont suspendus à 30 mètres de haut sur le monument *Selamat Datang* (*"Bienvenue"* en indonésien), situé sur l’une des plus grandes places de Jakarta. Depuis cette hauteur, ils ont déployé deux immenses banderoles dénonçant l’inaction du gouvernement face aux défis environnementaux et sociaux. Ces actions spectaculaires visent à attirer l’attention des médias et du grand public sur des enjeux souvent ignorés par les autorités. Elles illustrent aussi la détermination des manifestants, prêts à prendre des risques pour faire entendre leur voix et contraindre le gouvernement à réagir.

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