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Des hackers chinois se font passer pour des employés d’Anthropic pour voler les secrets les plus sensibles de l’IA américaine

Presse-Citron · mis à jour il y a 9 j

Des pirates informatiques auraient usurpé l’identité de chercheurs d’Anthropic et d’officiels du gouvernement pour voler des secrets industriels liés à l’IA. Tous les indices pointent vers un groupe dirigé par la Chine..

Hackers chinois ciblent l'IA

Un groupe de pirates informatiques, identifié sous le nom de TA419 et lié à la Chine, a tenté de voler des secrets industriels américains dans le domaine de l’intelligence artificielle. Leur méthode consistait à se faire passer pour des employés de l’entreprise Anthropic, une société spécialisée dans l’IA, et pour des anciens hauts fonctionnaires de la Maison-Blanche, comme Lynne Parker, conseillère technique sous les présidences de Joe Biden et Donald Trump. Leur objectif était d’accéder à des informations sensibles sur les technologies d’IA développées aux États-Unis, un secteur considéré comme stratégique en raison de son importance géopolitique et économique.

Usurpation d'identité sophistiquée

Pour piéger leurs victimes, les hackers ont utilisé une technique appelée ingénierie sociale, qui consiste à manipuler psychologiquement les personnes pour qu’elles révèlent des informations ou exécutent des actions malveillantes. Ils ont d’abord contacté des experts en politique de l’IA, travaillant pour des think tanks (organismes de réflexion indépendants), en se faisant passer pour un employé d’Anthropic ou pour Lynne Parker. Une fois la confiance établie, ils ont proposé aux victimes de contribuer à des rapports fictifs sur l’IA ou de rejoindre des comités imaginaires. Ces invitations étaient accompagnées de documents infectés par un logiciel malveillant (ou malware), qui s’installait sur les ordinateurs des victimes dès leur ouverture.

Méthode d'infection en deux étapes

La première étape de l’attaque consistait à envoyer un email anodin, apparemment légitime, pour établir un contact avec la cible. Dans un second temps, les hackers envoyaient un document de travail, présenté comme un rapport ou un document officiel, qui contenait en réalité le malware. Une fois téléchargé et ouvert, ce fichier infectait l’ordinateur de la victime, permettant aux pirates d’accéder à ses fichiers locaux ou à son compte cloud (espace de stockage en ligne). Cette méthode leur offrait la possibilité de voler des données sensibles ou de les utiliser pour d’autres attaques. Selon le rapport de Proofpoint, une entreprise spécialisée en cybersécurité, cette opération a été menée avec une grande précision, ciblant spécifiquement des acteurs clés du secteur de l’IA.

Preuves d'un lien avec la Chine

Les chercheurs en cybersécurité de Proofpoint et leurs partenaires industriels sont convaincus que le groupe TA419 agit pour le compte du gouvernement chinois. Plusieurs éléments étayent cette hypothèse. Tout d’abord, les cibles choisies correspondent aux intérêts stratégiques de la Chine, notamment dans le domaine de l’IA, où les États-Unis restent leaders. Ensuite, les infrastructures techniques utilisées et les artefacts (traces numériques) observés dans cette attaque sont similaires à ceux d’autres groupes de hackers liés à la Chine. Enfin, le ciblage cohérent et la sophistication de l’opération renforcent cette conclusion. Malgré les accusations, l’ambassade de Chine aux États-Unis n’a pas réagi à ces informations.

Enjeux géopolitiques de l'IA

L’intelligence artificielle est devenue un enjeu majeur de la rivalité entre les États-Unis et la Chine, deux puissances qui investissent massivement dans ce domaine. Les États-Unis, avec des entreprises comme Anthropic, restent en tête, mais la Chine comble rapidement l’écart. Un ralentissement américain, même temporaire, pourrait permettre à la Chine de prendre l’avantage. Dans ce contexte, des incidents comme cette cyberattaque soulignent l’importance stratégique de l’IA et les risques liés à la guerre technologique entre les deux pays. Les experts tirent régulièrement la sonnette d’alarme sur les dangers potentiels de l’IA, mais les géants de la tech, comme Anthropic, continuent d’accélérer leurs recherches, malgré les risques encourus.

Ce que ça pourrait changer

Lyne Parker, ancienne conseillère technique à la Maison-Blanche, a exprimé sa tristesse en découvrant que son identité avait été utilisée pour tromper des tiers. Bien qu’elle ne soit pas la cible principale, son cas illustre l’impact humain de ces attaques. Pour les victimes, les conséquences peuvent être graves : vol de données confidentielles, espionnage industriel, ou compromission de leur réputation. Les entreprises et institutions ciblées doivent désormais renforcer leurs mesures de sécurité, notamment en vérifiant systématiquement l’authenticité des communications et en formant leurs employés à reconnaître les tentatives de phishing (technique de manipulation pour obtenir des informations sensibles).

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