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☕️ Des scientifiques harcelés sur X après avoir alerté sur l’obstruction climatique

Next.ink · mis à jour 1 juil.

Depuis quelques jours, le climatologue Christophe Cassou et l’économiste du climat Vincent Viguié sont pris à partie sur les réseaux sociaux. Leurs torts ? Avoir souligné l’urgence de s’adapter au changement climatique, et les problèmes que le déni climatique posait en la matière.

Scientifiques ciblés en ligne

Deux experts, le climatologue Christophe Cassou et l’économiste du climat Vincent Viguié, ont été pris à partie sur le réseau social X (anciennement Twitter) après avoir partagé des analyses sur l’urgence de s’adapter au changement climatique. Leurs propos, relayés par des médias comme BFM, ont été sortis de leur contexte ou simplifiés, ce qui a déclenché des réactions hostiles. Par exemple, une interview de Christophe Cassou diffusée par BFM sur X a omis une nuance importante : bien que le climatologue ait critiqué l’usage excessif de la climatisation comme une stratégie de diversion, il a aussi reconnu que certains lieux comme les hôpitaux ou les écoles pourraient en avoir besoin temporairement. Ces distorsions ont alimenté des débats houleux en ligne.

Débat sur climatisation

Les deux scientifiques ont souligné que le débat autour de la climatisation masquait des enjeux plus larges liés à l’adaptation climatique. Selon eux, la climatisation ne constitue pas une solution durable pour réduire les émissions de CO₂, car elle ne traite pas les causes profondes du réchauffement. De plus, son usage massif pourrait aggraver les îlots de chaleur en ville, où les températures sont déjà plus élevées qu’en périphérie. Par ailleurs, les gaz utilisés dans ces appareils ont un effet de serre puissant, même s’ils sont progressivement remplacés par des alternatives moins nocives. Les experts ont aussi pointé du doigt les difficultés d’accès à des solutions adaptées pour les populations vulnérables, ainsi que le manque d’anticipation des pouvoirs publics.

Harcèlement en ligne systémique

Ce type de violence numérique n’est pas nouveau sur X, où les communautés climatosceptiques sont actives depuis des années. Depuis le rachat de la plateforme par Elon Musk en 2022, les pratiques de modération ont été réduites, facilitant la diffusion de désinformation et les attaques contre les scientifiques et les défenseurs de l’environnement. Des personnalités politiques comme François de Rugy (Les Républicains, 76 000 abonnés) ou Jean-Philippe Tanguy (Rassemblement National, 107 000 abonnés) ont participé à ces attaques. Des journalistes, dont Géraldine Woessner (rédactrice en chef du service société du Point, 114 000 abonnés), ont aussi relayé des critiques contre les scientifiques, ce qui interroge sur le rôle des médias dans la propagation de ces polémiques.

Contexte politique et médiatique

L’article souligne un paradoxe : certains partis politiques, notamment à droite, votent massivement en faveur des énergies fossiles tout en critiquant les solutions d’adaptation climatique. Par exemple, entre 2022 et 2025, les partis les plus à droite ont soutenu des textes favorisant la consommation d’énergies fossiles. Les médias, en se focalisant sur des débats comme celui de la climatisation, risquent de détourner l’attention des vraies solutions, comme la végétalisation des villes, l’isolation des bâtiments ou la réduction des émissions à la source. Le journaliste Sylvestre Huet, dans une tribune au Monde, appelle à une autocritique urgente des médias pour mieux expliquer la désinformation climatique, y compris lors de périodes de canicule.

Ce que ça pourrait changer

Les commentaires sous l’article révèlent des débats complexes sur la climatisation. Certains internautes défendent son utilité ponctuelle, comme les pompes à chaleur (PAC), qui émettent moins de CO₂ que d’autres systèmes de chauffage (25 g de CO₂ par kWh contre 230 pour le gaz ou 300 pour le fioul). D’autres soulignent les limites de ces appareils, comme leur impact sur les *îlots de chaleur* ou leur consommation électrique, même décarbonée en France. Certains commentaires critiquent aussi la focalisation médiatique sur ce sujet, qui occulte des enjeux plus larges comme l’urbanisme ou l’inégalité d’accès aux solutions d’adaptation. Enfin, des internautes défendent le droit à la critique, tout en condamnant les dérives du harcèlement en ligne.

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