Ruba Ghazal dévoile son plan climat et cible Fréchette et Carney
Québec solidaire veut notamment racheter les «bazous» et ressusciter l’interdiction de véhicules à essence dès 2035..
Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire, a présenté un plan de lutte contre les changements climatiques pour les élections québécoises de 2026. Ce plan vise une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 37,5 % à 45 % d’ici 2030, avec un objectif de carboneutralité (zéro émission nette) en 2050. Ghazal critique l’action de la Coalition avenir Québec (CAQ), dirigée par Christine Fréchette, accusée de ne pas avoir réduit les émissions malgré huit ans au pouvoir. Elle souligne que la CAQ a même reculé sur ses propres cibles, allant à l’encontre des recommandations d’experts et d’acteurs économiques. Le plan solidaire s’inscrit dans un contexte où, selon Ghazal, une personne sur deux au Québec a subi les effets des changements climatiques en 2026.
Québec solidaire propose des investissements massifs dans le transport collectif, avec une enveloppe de 23 milliards de dollars. Parmi les mesures phares, on trouve la gratuité des transports en commun pour les jeunes et les aînés, ainsi que le prolongement du programme Roulez vert pour encourager l’achat de voitures électriques. Le parti souhaite aussi relancer le programme Vieux bazous, inspiré d’une initiative antérieure (Faites de l’air!), qui offrirait un chèque de 1 000 dollars aux propriétaires de véhicules de plus de 15 ans en échange de leur retrait. En compensation, ces personnes recevraient un laissez-passer annuel pour les transports en commun ou un abonnement à un service d’autopartage. L’objectif est de réduire la pollution liée aux véhicules anciens, souvent appelés bazous (terme familier désignant des voitures polluantes et peu fiables).
Le plan de Québec solidaire prévoit l’interdiction de la vente de nouveaux véhicules à essence à partir de 2035, ainsi que l’interdiction de leur immatriculation en 2045. Cette mesure s’inspire des politiques européennes et japonaises, où des alternatives moins chères aux voitures thermiques sont déjà disponibles. Ghazal rejette l’idée que les États-Unis, sous l’administration Trump, puissent influencer cette décision, affirmant que le Québec peut se tourner vers d’autres modèles économiques et technologiques. Elle critique également le Canada, qu’elle qualifie de cancre de l’environnement, en raison de ses performances jugées insuffisantes en matière de lutte contre les changements climatiques.
Pour accélérer la transition énergétique, Québec solidaire propose de nationaliser les éoliennes et de développer davantage d’énergies renouvelables comme le solaire et la géothermie. Ghazal souligne que ces secteurs créent des emplois dans l’innovation et la technologie, tout en réduisant le besoin de construire de nouveaux barrages. Le parti prévoit aussi un investissement annuel de 250 millions de dollars pour des programmes d’adaptation résidentielle, visant à améliorer l’efficacité et la sobriété énergétiques des logements. Par ailleurs, 950 millions de dollars seraient alloués à des projets d’infrastructures vertes sur quatre ans, et 1 % des investissements du Programme québécois des infrastructures serait dédié à verdir les villes et municipalités.
Ruba Ghazal cible directement Christine Fréchette, première ministre du Québec et membre de la CAQ, l’accusant d’avoir ralenti la lutte contre les changements climatiques. Elle affirme que la CAQ a ignoré les avis du Comité consultatif sur les changements climatiques, des écologistes et des experts, tout en réduisant les cibles de réduction des GES. Ghazal estime que ces huit années de gouvernement CAQ ont fait perdre un temps précieux, retardant des actions nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques du Québec. Elle propose une approche alternative, centrée sur des investissements massifs et des politiques ambitieuses, pour rattraper ce retard et atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

