Avant de filer vers Mercure, la sonde BepiColombo envoie un ultime selfie d’adieu
Avant d'attaquer Mercure, la sonde BepiColombo a pris un dernier autoportrait, à 3,3 millions de kilomètres de la planète. Un vrai adieu, puisque les caméras qui l'ont réalisé partent avec le module que la mission vient de larguer..
La sonde spatiale BepiColombo, fruit d’une collaboration entre l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (JAXA), est en train de quitter la région de la Terre pour se diriger vers Mercure, la planète la plus proche du Soleil. Lancée en 2018, cette mission a pour objectif principal d’étudier Mercure en détail, une planète encore mal connue en raison de sa proximité avec notre étoile, qui rend les observations depuis la Terre difficiles. La sonde a déjà effectué plusieurs survols de la Terre, de Vénus et de Mercure pour ajuster sa trajectoire grâce à l’assistance gravitationnelle, une technique qui utilise la gravité des planètes pour accélérer ou ralentir un vaisseau spatial sans dépenser de carburant. Le 3 septembre 2026, elle a envoyé un dernier selfie avant de poursuivre son voyage vers Mercure, où elle devrait arriver en 2027.
Le dernier selfie de BepiColombo a été capturé par l’une de ses caméras de surveillance, conçues pour vérifier l’état de la sonde pendant son voyage. Cette image montre une partie de la structure de la sonde, notamment ses panneaux solaires déployés et son antenne de communication. Bien que ce ne soit pas une photo scientifique, ce cliché symbolise la fin d’une phase importante de la mission : la préparation et les ajustements nécessaires avant d’atteindre Mercure. Les caméras de surveillance ne sont pas des instruments scientifiques, mais elles jouent un rôle clé pour les ingénieurs qui suivent l’état de la sonde à distance. Ce selfie marque ainsi un moment de transition, entre l’exploration des planètes internes du système solaire et l’arrivée prochaine vers Mercure.
Mercure est une planète particulièrement difficile à étudier en raison de sa proximité avec le Soleil. Les températures y varient entre -180°C la nuit et +430°C le jour, et l’ensoleillement y est 10 fois plus intense que sur Terre. De plus, la planète est petite (son diamètre est d’environ 4 880 km, soit un tiers de celui de la Terre) et sa surface est couverte de cratères, ce qui complique les observations. BepiColombo est équipée de 16 instruments scientifiques, dont des spectromètres, des caméras haute résolution et des magnétomètres, pour analyser la composition de la planète, son champ magnétique et son atmosphère ténue. La mission vise à répondre à des questions fondamentales, comme l’origine de Mercure ou la présence éventuelle de glace dans ses cratères polaires.
La mission *BepiColombo* est le résultat d’une collaboration entre l’*Agence spatiale européenne* (ESA) et la *Japan Aerospace Exploration Agency* (JAXA). L’ESA a fourni le module principal de la sonde, appelé *Mercury Planetary Orbiter* (MPO), tandis que la JAXA a conçu le *Mercury Magnetospheric Orbiter* (MMO), un satellite dédié à l’étude du champ magnétique de Mercure. Ces deux modules voyagent ensemble vers Mercure, mais ils se sépareront une fois arrivés pour effectuer leurs observations respectives. Cette coopération internationale permet de mutualiser les ressources et les expertises, tout en répartissant les risques. Les données collectées par *BepiColombo* seront analysées par des scientifiques du monde entier, ce qui pourrait révolutionner notre compréhension de Mercure et, plus largement, du système solaire.

