Diversifier les possibles sur la scène jeunesse
La scène jeunesse déborde de nouvelles créations qui repoussent les limites de la dramaturgie..
L’automne 2026 propose une programmation riche et variée pour le théâtre jeunesse au Québec, avec des spectacles qui explorent des thèmes profonds comme la mort, l’exil ou l’identité, tout en gardant une approche accessible et ludique pour les jeunes publics. Plusieurs festivals et compagnies théâtrales, dont La POLKa, La Caserne, Maison Théâtre et Usine C, accueillent ces créations du 25 septembre au 15 novembre. Les spectacles s’adressent à des tranches d’âge précises, allant de 1 an à 14 ans, avec des propositions adaptées aux tout-petits comme aux adolescents. Les mises en scène mêlent souvent des techniques innovantes, comme le théâtre d’objets, la langue des signes québécoise ou des expériences multisensorielles, pour capter l’attention des spectateurs.
La pièce Oiseau, écrite et mise en scène par Anna Nozière, aborde un sujet rarement traité sur scène : la place des morts dans la vie des vivants. Produite par La POLKa, cette création invite les enfants de 9 à 14 ans à libérer la parole autour de la perte d’un proche ou d’un animal, un thème souvent tabou chez les adultes. Le spectacle est programmé du 4 au 6 novembre à la Maison Théâtre et du 11 au 15 novembre à La Caserne. Parallèlement, À poils, un spectacle décrit comme un « objet velu non identifié », propose une expérience théâtrale originale pour les 3 à 8 ans. Sur une scène vide, trois techniciens vêtus de cuir et un chien nommé Nina invitent les enfants à construire le décor et à participer à une aventure multisensorielle, explorant ainsi les limites de la dramaturgie traditionnelle.
La pièce Traversée, créée par le théâtre Carrousel, raconte l’histoire de Nour, une fillette élevée par sa nourrice sourde Youmna, jusqu’à ce qu’elle doive rejoindre sa mère biologique à l’adolescence. Ce spectacle, écrit par Estelle Savasta et mis en scène par Marie-Eve Huot, aborde les thèmes de l’exil, de l’identité et de l’amour maternel. Les actrices Alicia Mbesha et Zoé Ntumba, déjà vues dans Lueurs en 2024, interprètent ce récit poignant. La pièce combine théâtre d’objets, langue des signes québécoise et paroles pour offrir une expérience immersive et sensible, destinée aux jeunes de 9 ans et plus. Elle sera jouée le 7 novembre au Grand-Espace, puis du 18 au 29 novembre à la Maison Théâtre.
Deux spectacles s’inspirent des paysages québécois pour émerveiller les jeunes spectateurs. Roadtrip, une performance inspirée du road movie, invite les enfants de 1 à 4 ans à découvrir les beautés du Québec à travers des projections vidéo et des chansons. Produit par Les Incomplètes, ce spectacle est présenté du 28 septembre au 11 octobre à la Maison Théâtre. Flo des rives, la 66e création du Gros Mécano, raconte l’histoire de Florence, une petite fille née sur les flots et venue vivre sur les rives du fleuve Saint-Laurent. Ce spectacle, écrit par Carol Cassistat et mis en scène par Pierre Robitaille, rend hommage aux femmes du pays et à la mer. Il est joué du 27 octobre au 7 novembre à La Caserne et s’adresse aux 8 à 12 ans.
Le Théâtre des Confettis propose une expérience théâtrale originale avec Michelle et les chats de ruelles, une pièce où Michelle part à la recherche de son chat Moustache disparu dans les ruelles de Québec, près de la rue Sous-le-Cap. Les spectateurs, âgés de 5 à 10 ans, sont invités à participer à l’enquête aux côtés du personnage principal, dans une ambiance crépusculaire. Écrite par Marianne Marceau et mise en scène par Maxime Robin, cette création se déroule du 25 septembre au 10 octobre dans une ruelle réelle, transformant l’espace urbain en décor de spectacle. L’objectif est de mêler jeu et réalité pour captiver les jeunes publics.
Deux spectacles à l’Usine C explorent des thèmes comme la mémoire et la quête d’identité. *Les veuves parallèles*, créé en 2023 par Claudine Rivest en coproduction avec Les Sages Fous, est un spectacle de marionnettes et d’objets sans paroles qui interroge la transmission de la mémoire entre femmes de différentes générations. La mise en scène de Sophie Deslauriers et Claudine Rivest s’accompagne d’une musique en direct, créant une ambiance énigmatique. Présenté du 24 novembre au 5 décembre, il s’adresse aux 12 ans et plus. Par ailleurs, *Léon le nul*, écrit par Francis Monty et retravaillé en 2018, raconte l’histoire de Léon, un enfant persécuté à l’école qui se transforme en train pour surmonter ses difficultés. Ce spectacle, joué du 20 au 24 octobre, aborde les thèmes du rejet et de la quête d’identité pour les 8 ans et plus.

