Le consommateur français sera mieux protégé : l’Europe inflige une amende record à AliExpress et demande des mesures radicales contre les produits illégaux, dangereux ou contrefaits
L’Europe vient d’infliger une amende à AliExpress, tout en demandant à la plateforme de faire mieux pour protéger ses utilisateurs..
La Commission européenne a infligé une amende de 550 millions d’euros à AliExpress, une plateforme de commerce en ligne appartenant au groupe chinois Alibaba. Cette sanction, la plus importante jamais prononcée en vertu du Digital Services Act (DSA), vise à sanctionner le manque de diligence d’AliExpress dans la lutte contre la vente de produits illégaux, dangereux ou contrefaits sur son site. Le DSA est un règlement européen entré en vigueur en 2024 qui impose aux grandes plateformes numériques des obligations strictes pour protéger les utilisateurs et garantir la conformité des produits vendus. Bien que ce montant soit historique, il représente moins de 1 % du chiffre d’affaires annuel d’Alibaba, la maison-mère d’AliExpress. Cette amende illustre la volonté de l’Union européenne de renforcer la régulation des géants du numérique, même si les montants restent proportionnels à la taille des entreprises concernées.
L’enquête de la Commission européenne a révélé plusieurs manquements graves chez AliExpress. Tout d’abord, la plateforme a surestimé l’efficacité de ses systèmes de détection des produits illicites, notamment en sous-estimant le déséquilibre entre le nombre de modérateurs humains et leur charge de travail. Résultat, des produits dangereux ou contrefaits ont été recommandés aux utilisateurs pendant des semaines, voire des mois, sans être retirés. Par ailleurs, les contrôles de conformité des produits étaient facilement contournables, car les vendeurs pouvaient mal catégoriser leurs articles pour éviter les vérifications. Un autre point critique concerne le système d’autorisation de marque, censé empêcher la vente de contrefaçons, mais qui s’est avéré inefficace en raison d’un manque de personnel et de procédures trop lentes. Ces défaillances ont permis la prolifération de vêtements contrefaits, de jouets non conformes aux normes de sécurité, de cosmétiques dangereux et d’autres produits illégaux ou nocifs.
AliExpress a réagi à cette décision en contestant fermement l’amende et son montant, qu’elle juge disproportionné. Dans un communiqué, la plateforme affirme avoir déjà mis en place des améliorations significatives et proactives pour corriger les problèmes identifiés. Elle précise qu’elle examine attentivement la décision de la Commission européenne et étudie toutes les options légales possibles pour contester cette sanction. Cette réaction montre que le géant du e-commerce ne reste pas passif face aux critiques, mais cherche à défendre sa position tout en promettant des changements pour se conformer aux exigences européennes. Cependant, l’UE reste ferme sur ses attentes, exigeant des mesures concrètes et immédiates pour protéger les consommateurs.
En plus de l’amende, la Commission européenne impose à AliExpress de présenter d’ici le 20 octobre 2026 un plan d’action détaillé pour corriger les manquements constatés. Ce plan doit inclure des mesures visant à remédier aux risques systémiques liés à la vente de produits illégaux ou dangereux. Concrètement, AliExpress devra renforcer ses mécanismes de détection et de retrait des produits non conformes, améliorer la transparence de ses contrôles et augmenter les effectifs dédiés à la modération. L’objectif est d’éviter que des articles dangereux ou contrefaits ne restent disponibles trop longtemps sur la plateforme. Cette exigence s’inscrit dans une démarche plus large de l’UE pour encadrer les plateformes numériques et garantir la sécurité des consommateurs européens.
Cette décision marque une étape importante pour la protection des consommateurs en France et en Europe. En sanctionnant AliExpress, l’Union européenne envoie un signal fort aux plateformes de e-commerce, leur rappelant leurs obligations légales en matière de sécurité des produits et de lutte contre la contrefaçon. Les consommateurs pourront ainsi bénéficier d’une meilleure protection contre les risques liés à l’achat de produits non conformes ou dangereux. Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne, a souligné que la prolifération de ces produits n’est pas une fatalité, mais le résultat d’un manquement aux obligations légales. Cette affaire rappelle l’importance pour les plateformes de prendre au sérieux leur rôle dans la régulation du marché en ligne.

