Donald Trump sabote l'éolien en mer et augmente les risques de coupure de courant à New York
Président des énergies fossiles, Donald Trump mène une croisade contre les éoliennes en mer, au profit de l'industrie pétrogazière. Plusieurs régions côtières de l'Est pourraient en payer le prix fort.
L'administration de Donald Trump a pris des mesures pour freiner le développement de l'éolien en mer aux États-Unis, une source d'énergie renouvelable en plein essor. Ces projets concernent notamment des parcs éoliens prévus au large de l'État de New York, comme le parc South Fork (132 mégawatts) et Sunrise Wind (924 mégawatts), dont la construction était initialement prévue pour 2023 et 2024. L'éolien offshore consiste à installer des turbines (éoliennes) en pleine mer, où les vents sont plus forts et plus constants qu'à terre, ce qui permet de produire plus d'électricité. Ces parcs sont développés par des entreprises privées en partenariat avec des États ou des autorités locales, sous supervision fédérale. Les retards ou annulations de ces projets pourraient impacter les objectifs de transition énergétique des États-Unis, qui visent à réduire leur dépendance aux énergies fossiles comme le charbon ou le gaz naturel.
Donald Trump, lors de son mandat (2017-2021), avait déjà affiché son opposition à l'éolien en mer, le qualifiant de coûteux et inefficace. Depuis son retour à la présidence en 2025, son administration a multiplié les obstacles administratifs et juridiques pour bloquer ces projets. Par exemple, elle a retardé ou annulé des permis environnementaux, exigé des études supplémentaires coûteuses et longues, ou encore modifié les règles de location des fonds marins pour favoriser d'autres usages, comme l'extraction pétrolière. Ces décisions s'inscrivent dans une stratégie plus large de promotion des énergies fossiles, comme le gaz ou le pétrole, au détriment des énergies renouvelables. Les acteurs locaux, comme l'État de New York, et les entreprises spécialisées, comme Ørsted ou Avangrid, dénoncent ces blocages qui menacent leurs investissements et leurs engagements climatiques.
Les retards dans les projets éoliens offshore pourraient avoir des conséquences directes pour New York, une ville très dépendante de l'électricité. Le parc South Fork, par exemple, devait fournir de l'électricité à environ 70 000 foyers dès 2023, réduisant ainsi la pression sur le réseau électrique local. Sans cette production supplémentaire, la ville pourrait faire face à des risques accrus de coupures de courant (blackouts), surtout lors des pics de consommation en hiver ou en été. New York s'est fixé des objectifs ambitieux de réduction des émissions de CO₂, avec une loi (Climate Leadership and Community Protection Act) visant 70 % d'énergies renouvelables d'ici 2030. Les blocages actuels risquent de compromettre ces engagements et d'augmenter la facture énergétique des habitants, déjà élevée dans une grande ville.
Les projets éoliens offshore représentent des investissements massifs, estimés à plusieurs milliards de dollars pour l'ensemble des parcs prévus sur la côte Est. Par exemple, Sunrise Wind devait coûter environ 5 milliards de dollars et créer 800 emplois directs et indirects pendant sa construction. Les retards ou annulations privent les régions concernées de ces retombées économiques, notamment dans des zones déjà en difficulté comme Long Island. De plus, les emplois locaux dans les secteurs de la construction, de l'ingénierie ou de la maintenance sont menacés. Les opposants à cette politique soulignent aussi que les énergies fossiles, souvent mises en avant par l'administration Trump, génèrent moins d'emplois par mégawatt produit que les énergies renouvelables, tout en polluant davantage.
Les autorités de New York et les entreprises impliquées dans les projets éoliens ont réagi vivement aux décisions fédérales. Le gouverneur de New York, *Kathy Hochul*, a qualifié ces blocages de « sabotage » et a promis de poursuivre les recours juridiques pour défendre les intérêts de l'État. Les entreprises comme *Ørsted*, leader mondial de l'éolien offshore, ont menacé de quitter le marché américain si les conditions ne s'améliorent pas, ce qui priverait les États-Unis d'expertise et de capitaux étrangers. Les associations environnementales, comme *NRDC* (*Natural Resources Defense Council*), ont également dénoncé une politique qui ignore les enjeux climatiques et met en danger la sécurité énergétique du pays. Ces réactions illustrent les tensions croissantes entre le gouvernement fédéral et les États sur la question de la transition énergétique.

