L’Europe pas en mesure de remplacer Starlink, mais prête à aider Kiev
Volodymyr Zelensky réclame par ailleurs à Bruxelles 70 milliards d’euros de plus pour financer la guerre en 2027..
Le réseau satellitaire Starlink, développé par l'entreprise américaine SpaceX d'Elon Musk, joue un rôle crucial dans la guerre en Ukraine. Il permet aux forces ukrainiennes de maintenir des communications stables sur le front, de coordonner les opérations militaires et d'intercepter des drones. Contrairement aux réseaux civils classiques, Starlink utilise une constellation de plus de 10 000 satellites en orbite basse, offrant une couverture rapide et fiable. Récemment, Kiev a signalé des restrictions imprévues de ce service, qualifiées de « surprise très désagréable et dangereuse » par le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ces limitations ont coïncidé avec des attaques russes, soulevant des questions sur leur origine. SpaceX attribue ces ralentissements au gouvernement américain, tandis que l'Ukraine craint un manque de coordination entre alliés. Starlink propose deux services : Starshield (militaire) et Starlink (civil), tous deux utilisés par l'Ukraine.
L'Union européenne (UE) reconnaît ne pas pouvoir remplacer Starlink à court terme en raison de ses capacités technologiques limitées. Bien que l'UE dispose de réseaux satellitaires comme OneWeb (opéré par le groupe français Eutelsat) et Govsatcom, ces solutions sont moins performantes. OneWeb compte environ 600 satellites, contre plus de 10 000 pour Starlink, et ses terminaux sont plus encombrants et coûteux. De plus, les satellites de Starlink orbitent plus bas, assurant des communications plus rapides. L'UE collabore avec les États-Unis pour maintenir la connectivité en Ukraine, mais son autonomie stratégique reste insuffisante. Un projet européen, Iris², vise à lancer une constellation de satellites sécurisés d'ici 2030, mais il n'est pas encore opérationnel. En attendant, l'UE propose d'ouvrir Govsatcom, un programme de partage de capacités nationales, à l'Ukraine.
Lors d'un sommet à Bruxelles, Volodymyr Zelensky a réclamé à l'UE un financement supplémentaire de 70 milliards d'euros pour 2027, portant le coût total de la guerre à 155 milliards d'euros pour l'année prochaine. Cette demande s'inscrit dans un contexte de tensions avec les États-Unis, où Donald Trump, candidat à la présidentielle, a critiqué l'Ukraine et appelé à son départ. Zelensky a évité de critiquer directement Trump, se contentant d'un sourire et d'un silence face aux questions des journalistes. Il a souligné le soutien inconditionnel de l'Europe, qualifiant ses dirigeants de « vrais alliés depuis le début de la guerre ». Les dirigeants européens, comme le chancelier allemand Friedrich Merz et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, ont réaffirmé leur engagement à soutenir l'Ukraine et à maintenir les sanctions contre la Russie jusqu'à la fin du conflit.
La dépendance de l'Ukraine à Starlink illustre les défis de l'autonomie stratégique européenne. Bien que l'UE possède des acteurs comme **Eutelsat** et **OneWeb**, leurs capacités restent inférieures à celles de SpaceX. Le projet **Iris²**, développé avec Eutelsat, vise à combler ce retard en lançant une constellation sécurisée d'ici 2030. En parallèle, l'UE a commandé **669 nouveaux satellites** pour moderniser OneWeb. La situation met en lumière la nécessité pour l'Europe de renforcer ses infrastructures spatiales militaires. Les tensions avec les États-Unis, exacerbées par les déclarations de Trump, soulignent aussi l'importance pour l'Ukraine de diversifier ses partenariats. L'enjeu dépasse la technologie : il s'agit de garantir la résilience des communications face à un conflit prolongé.

