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Généraliste

Un robot québécois pour inspecter une infrastructure d’Hydro-Québec

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 10 j

« Nos robots ne sont pas des jouets, ils vont fonctionner jour et nuit », dit Tessellate Robotics..

Robot inspecteur autonome

Une entreprise québécoise, Tessellate Robotics, a conçu un robot terrestre autonome pour inspecter un tunnel sous-fluvial de 4,2 kilomètres situé entre Grondines et Lotbinière, au Québec. Ce tunnel, appelé troisième lien, abrite une ligne électrique à courant continu de 450 000 volts, reliant la centrale hydroélectrique de Radisson, dans le nord du Québec, aux États-Unis. Le robot, développé par une équipe de trois diplômés de l’Université Laval, est conçu pour fonctionner de manière autonome, jour et nuit, sans dépendre d’un signal GPS. Il utilise des systèmes de navigation par laser et des caméras pour cartographier et filmer son environnement en 3D en temps réel. Pierre-Hugo Vigneux, cofondateur de l’entreprise, souligne que le robot est ultra-fiable et robuste, contrairement à des robots grand public comme ceux capables de faire des backflips.

Environnement hostile

Le tunnel sous-fluvial Grondines-Lotbinière présente des conditions extrêmes pour les humains : faible luminosité, humidité élevée, absence de télécommunications et risques liés à l’absence d’oxygène ou à une défaillance de ventilation. Jusqu’à présent, l’inspection annuelle de ce tunnel exigeait le travail de quatre personnes pendant environ deux semaines. Le robot de Tessellate Robotics permet de réduire ce temps à une ou deux heures pour la traversée, plus quelques heures pour analyser les données recueillies. Les travailleurs devaient auparavant utiliser des détecteurs de gaz et un aller-retour dans le tunnel pouvait prendre jusqu’à 40 minutes, ce qui compliquait les interventions en cas d’urgence. Le robot évite ces risques en effectuant les inspections de manière autonome.

Technologie canadienne

Le robot de Tessellate Robotics intègre entre 80 et 85 % de composantes fabriquées au Canada. Sa plateforme de chenillette est produite par Movex Innovation à Shawinigan, tandis que deux autres véhicules de l’entreprise sont construits par le partenaire Bionix au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Cette approche locale vise à soutenir l’industrie manufacturière québécoise et canadienne. Hydro-Québec, qui a confié le contrat à Tessellate Robotics, utilise les données collectées par le robot pour repérer des anomalies comme des fissures, de la rouille, des fuites d’eau ou des dépôts de calcaire, sans exposer ses employés aux dangers du site. Louis-Simon Gauthier, gestionnaire chez Hydro-Québec, souligne que ces robots permettent de capter des données dans des environnements hostiles en toute sécurité.

Applications variées

Tessellate Robotics, fondée en décembre 2022, s’est d’abord intéressée au secteur agricole avant de se réorienter vers l’énergie, la défense et le secteur minier, jugés plus rentables. L’entreprise a notamment travaillé avec les Forces armées canadiennes lors de la mission Nanook en février 2026 à Cambridge Bay, dans l’Arctique, où les températures peuvent atteindre -40 °C. Le robot a démontré sa capacité à fonctionner dans des conditions extrêmes, ce qui a permis à l’entreprise de décrocher un contrat pour la surveillance des frontières et l’occupation du territoire arctique. Dans le domaine minier, le robot a inspecté des véhicules lourds et détecté des anomalies, comme une bulle sous la semelle d’un pneu de camion, grâce à sa caméra thermique.

Ce que ça pourrait changer

Hydro-Québec utilise de plus en plus la robotique pour ses opérations, avec un parc actuel de 400 drones, dont certains servent au déglaçage des lignes à haute tension, et des robots sous-marins pour inspecter les barrages. L’entreprise constate une hausse importante des demandes en robotique depuis quelques années, notamment pour des environnements difficiles d’accès. Alexandre Breton, candidat à la profession d’ingénieur chez Hydro-Québec, explique que l’utilisation du robot permet de gagner un temps considérable : une inspection qui prenait deux semaines avec une équipe de quatre personnes peut désormais être réalisée en quelques heures. Cette technologie s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation et de sécurisation des infrastructures.

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