Plus de 8000 cas confirmés d’Ebola en RDC, où l’épidémie reste hors de contrôle
L’OMS indique que le pays manque de personnel de santé pour endiguer cette maladie mortelle..
En République démocratique du Congo (RDC), une épidémie d’Ebola sévit depuis mai 2026, causée par le virus rare de Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni traitement ni vaccin connu. Au 26 septembre 2026, plus de 8000 cas confirmés ont été recensés dans 63 zones sanitaires réparties dans sept des 26 provinces du pays. Ce virus, comme d’autres souches d’Ebola, provoque une fièvre hémorragique sévère, souvent mortelle. La RDC fait face à une situation critique, car cette épidémie dépasse déjà en nombre de cas celle qui avait touché l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, où 3781 cas avaient été enregistrés à la 19e semaine, contre 7840 pour l’épidémie actuelle. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) souligne que cette propagation rapide est alarmante.
L’épidémie en RDC a déjà causé 3901 décès, soit un taux de létalité supérieur à 48 %. Ce taux, qui mesure la proportion de décès parmi les cas confirmés, est particulièrement élevé. L’OMS explique que ce chiffre reflète les difficultés à détecter rapidement les cas et à offrir des soins adaptés aux patients. Le taux de décès reste élevé au sein des communautés, ce qui aggrave la crise. À titre de comparaison, l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 avait fait 11 000 morts au total. La RDC doit donc faire face à une maladie extrêmement meurtrière, d’autant plus que 50 professionnels de santé sont décédés depuis le début de l’épidémie.
L’un des principaux obstacles à la maîtrise de l’épidémie est le manque criant de personnel de santé en RDC. Les professionnels de santé, qui jouent un rôle crucial dans la lutte contre Ebola, se plaignent de retards ou d’absence de paiement de leurs salaires. Cette situation a entraîné plusieurs grèves, malgré l’urgence sanitaire. Les Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC Afrique) estiment que cette pénurie aggrave la propagation du virus, car les soins précoces et adaptés ne peuvent pas être garantis. Sans personnel suffisant, la détection des cas et leur prise en charge deviennent difficiles.
Plusieurs facteurs compliquent la lutte contre Ebola en RDC. L’insécurité, les déplacements massifs de population et les mouvements intenses de personnes favorisent la propagation du virus. Par exemple, les populations fuient parfois des zones touchées, transportant involontairement le virus vers d’autres régions. De plus, les grèves du personnel de santé et les tensions locales perturbent les efforts de santé publique. Certaines provinces, comme l’Ituri et le Haut-Uele, montrent des signes d’amélioration avec une baisse du nombre de cas, mais d’autres zones voient la maladie s’étendre, élargissant ainsi la zone touchée.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) joue un rôle central dans la coordination de la réponse internationale à l’épidémie. Elle souligne que la situation reste hors de contrôle en raison des défis persistants : manque de personnel, insécurité et difficultés logistiques. L’OMS indique que le taux de létalité élevé et la propagation géographique étendue rendent la maîtrise de l’épidémie particulièrement complexe. Malgré les efforts déployés, la maladie continue de se propager, mettant en lumière les limites des systèmes de santé locaux et internationaux face à une telle crise.

