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Généraliste

Les chefs en mode défensif lors du premier rendez-vous télévisuel de la campagne

Le Devoir · mis à jour 10 sept.

La guerre tarifaire, le référendum et les controverses ont marqué les échanges lors de Cinq chefs, une élection..

Premier débat télévisé

Mercredi 9 septembre 2026, les cinq chefs des principaux partis politiques du Québec ont participé à leur premier débat télévisé en direct sur les ondes de Radio-Canada, dans l’émission Cinq chefs, une élection. Cet événement marquait le début officiel de la campagne électorale québécoise. Les partis représentés étaient la Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti libéral du Québec (PLQ), Québec solidaire (QS), le Parti québécois (PQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ). Les trois animateurs de l’émission ont posé des questions pointues aux chefs, les mettant en difficulté sur des sujets variés comme la gestion de l’économie, les relations avec le gouvernement fédéral ou les polémiques internes à leurs partis. Ce débat sera suivi d’autres rencontres télévisées organisées par TVA, Noovo et Radio-Canada à des dates ultérieures.

CAQ et la guerre tarifaire

Christine Fréchette, cheffe de la CAQ, a présenté sa vision face à la guerre tarifaire actuelle entre le Canada et les États-Unis, un conflit commercial où les deux pays imposent des taxes punitives sur les importations de l’autre. Elle a affirmé que le Québec avait un rapport de force important avec Ottawa, notamment grâce à sa gestion de l’exception culturelle et de la gestion de l’offre, deux politiques protégées par le Québec et menacées par les négociations fédérales. La CAQ n’exclut pas d’utiliser l’arme atomique en cas d’escalade, évoquant la possibilité de hausser le prix de l’électricité exportée aux États-Unis pour faire pression. Cette menace s’inscrit dans un contexte où le Québec produit une électricité abondante et bon marché, exportée vers son voisin américain. La gestion de l’offre, quant à elle, est un système de quotas qui limite la production agricole pour stabiliser les prix des produits comme le lait ou les œufs.

PLQ en difficulté

Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), a tenté de se montrer offensif en critiquant ses adversaires, notamment Christine Fréchette qu’il a comparée à un capitaine du Titanic, suggérant que ses choix mèneraient à un échec. Il a aussi attaqué Paul St-Pierre Plamondon du PQ, l’accusant de vouloir fracturer le Canada en relançant des débats sur l’indépendance du Québec. Milliard a défendu sa position sur la Loi sur la laïcité de l’État, précisant que le PLQ ne renouvellera pas la clause dérogatoire en 2029, une disposition qui permet de contourner certaines lois pour des raisons religieuses. Le PLQ traverse une période difficile : seulement un Québécois francophone sur dix soutient son parti selon les sondages, un chiffre qui a forcé Milliard à justifier sa légitimité en tant que leader francophone.

PQ et l’avenir du Québec

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois (PQ), a réaffirmé son engagement à organiser une consultation populaire sur l’avenir du Québec dès son premier mandat si son parti est élu. Il a précisé qu’il appliquerait son programme peu importe les variables, comme le résultat des élections (majoritaire ou minoritaire). St-Pierre Plamondon a dû répondre à des critiques sur son tempérament, certains le qualifiant de soupe au lait, une expression populaire pour décrire une personne colérique. Il a aussi abordé la question de l’immigration, affirmant que les Québécois de toutes origines sont des Québécois dès qu’ils obtiennent la citoyenneté. Il a critiqué le modèle d’immigration actuel, qu’il associe à Justin Trudeau et Christine Fréchette. Enfin, il a présenté des excuses pour un tweet controversé où il dénonçait l’aplaventrisme des artistes québécois envers Ottawa, un terme péjoratif désignant une soumission excessive.

QS et l’État protecteur

Ruba Ghazal, porte-parole de Québec solidaire (QS), a défendu l’idée que l’État doit rester fort pour protéger les Québécois face à la guerre tarifaire avec les États-Unis. Elle a critiqué les propositions de coupes budgétaires avancées par d’autres partis, comme le PCQ, estimant que déboulonner la machine publique affaiblirait la capacité du Québec à se défendre. QS a confirmé qu’elle soutiendrait un projet d’indépendance du Québec, mais a précisé que les discussions avec le PQ se feraient en temps et lieu en cas de gouvernement minoritaire. Ghazal a souligné qu’un pays ne se construit pas avec seulement un ou deux partis politiques, insistant sur la nécessité d’un large consensus.

PCQ et les économies

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), a présenté son plan pour réduire les dépenses de l’État de 5% en cinq ans, soit un total de 47 milliards de dollars. Il a comparé les économies proposées à une orgie des dépenses de la CAQ, un terme imagé pour critiquer le gaspillage budgétaire. Duhaime a aussi dû gérer des polémiques internes, comme le retrait d’un candidat controversé, Éric Lanthier, après des propos jugés inacceptables. Il a adopté un ton conciliant en déclarant que les gens font des conneries et qu’il voulait transformer ces erreurs en énergie positive. Sur le plan économique, il a critiqué le projet GNL Québec au Saguenay, qu’il attribue à l’opposition des gens de Montréal, une référence aux habitants de la métropole souvent perçus comme opposés aux projets industriels en région.

Ce que ça pourrait changer

Christine Fréchette a relancé le débat sur l’exploitation du *gaz de schiste* au Québec, une ressource naturelle contenue dans des roches souterraines. Elle a conditionné cette exploitation à l’*acceptabilité sociale*, c’est-à-dire au soutien de la population locale. Cette position s’inscrit dans une volonté de diversifier les sources d’énergie du Québec et de réduire sa dépendance aux importations. Éric Duhaime, partisan du gaz naturel, a critiqué les opposants au projet GNL Québec, un projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel au Saguenay, qu’il accuse d’avoir fait échouer ce développement économique pourtant bénéfique pour la région. Le gaz de schiste et le gaz naturel sont des énergies fossiles utilisées pour le chauffage, l’industrie et la production d’électricité.

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