L’Ukraine s’attaque à l’équivalent d’Amazon en Russie : plusieurs sites bombardés dans le but d’impacter le moral de la population et atteindre indirectement l’
L’Ukraine a bombardé de nombreux entrepôts de la société Wildberries, l’équivalent d’Amazon en Russie. Kiev espère ainsi saper le moral de la population, tout en pénalisant la chaîne d’approvisionnement de l’armée..
L’Ukraine a bombardé plusieurs entrepôts de Wildberries, une plateforme de vente en ligne russe équivalente à Amazon en Occident. Fondée en 2004 par Tatyana Kim, une ancienne enseignante, cette entreprise est devenue un acteur majeur du e-commerce en Russie. Elle possède 200 entrepôts et génère un chiffre d’affaires colossal, ce qui en fait une cible privilégiée pour Kiev. Les frappes visent à perturber l’économie russe et à fragiliser le moral de la population. Les attaques ont déjà causé la mort de neuf employés et des dégâts estimés à 2 milliards de dollars pour l’économie russe.
Wildberries n’est pas seulement un site de vente en ligne : c’est un pilier de l’économie russe. Il livre rapidement ses clients et collabore avec de nombreuses entreprises partenaires, dont certaines pourraient être contraintes de fermer en cas de perturbations prolongées. L’armée russe utilise également cette plateforme pour s’approvisionner en matériel comme des gilets pare-balles, des drones ou de la fibre optique, essentiels à ses opérations militaires. Par ailleurs, Wildberries possède une banque en ligne sanctionnée par l’Union européenne pour son rôle dans le financement de l’armée russe, ce qui renforce son statut de cible légitime selon l’Ukraine.
L’Ukraine a adopté une nouvelle stratégie pour affaiblir la Russie en ciblant des infrastructures économiques clés, comme les raffineries et désormais les entrepôts de Wildberries. L’objectif est double : d’une part, perturber les chaînes d’approvisionnement de l’armée russe en limitant son accès à des équipements stratégiques ; d’autre part, fragiliser l’économie civile pour éroder le moral de la population russe. Selon Xavier Tytelman, expert interrogé par Le Parisien, cette approche vise à mettre l’économie russe à genoux avant l’hiver 2024. Les frappes récentes, dont certaines ont touché la Crimée, territoire annexé illégalement par la Russie en 2014, illustrent cette volonté de déstabilisation systémique.
Les bombardements contre *Wildberries* s’inscrivent dans un contexte de guerre prolongée où l’Ukraine cherche à compenser son infériorité militaire par des actions indirectes. En ciblant une entreprise aussi symbolique qu’indispensable, Kiev espère créer un effet domino sur l’économie russe, déjà fragilisée par les sanctions internationales. Les pertes estimées à 2 milliards de dollars pour la Russie soulignent l’ampleur des dégâts, tandis que le régime de Vladimir Poutine continue ses propres frappes sur des cibles civiles en Ukraine. Cette stratégie reflète une guerre économique où chaque camp tente d’exploiter les failles de l’adversaire, avec des conséquences directes sur la vie quotidienne des populations des deux pays.

