La mine de Minaçu place le Brésil au centre de la course aux terres rares
À Minaçu, dans le Centre-Ouest brésilien, la seule mine du pays à produire des terres rares à l’échelle commerciale vient de passer aux mains d’une entreprise américaine soutenue par le gouvernement Trump. Une acquisition qui a poussé le président Lula à accélérer l’adoption d’une politique nationale sur les minerais critiques et stratégiques, érigés en enjeu de souveraineté nationale avant l’élection présidentielle 2026..
La ville de Minaçu, située dans l’État de Goiás au centre-ouest du Brésil, compte 27 000 habitants. Autrefois prospère grâce à l’exploitation de l’amiante, une fibre minérale autrefois utilisée dans la construction mais interdite depuis pour ses effets mortels sur la santé, la ville était en passe de devenir une ville fantôme selon son maire. Cependant, Minaçu abrite désormais la seule mine du Brésil produisant des terres rares à une échelle commerciale. Ces minerais, essentiels pour de nombreuses technologies modernes, placent aujourd’hui cette localité au cœur d’une compétition mondiale. Le site est le seul au monde, en dehors de l’Asie, à produire à grande échelle les quatre terres rares les plus recherchées.
Les terres rares désignent un ensemble de dix-sept éléments métalliques, dont le néodyme, le praséodyme, le dysprosium et le terbium. Ces minerais sont indispensables à la fabrication de technologies de pointe comme les éoliennes, les batteries de voitures électriques, les smartphones, les écrans et les équipements militaires. Leur extraction et leur transformation sont aujourd’hui un enjeu majeur de souveraineté économique et technologique. La Chine domine ce secteur avec les premières réserves mondiales et un quasi-monopole sur leur transformation, ce qui lui permet de contrôler une grande partie de l’approvisionnement global. En 2025, Pékin a restreint ses exportations de terres rares vers les États-Unis en représailles aux droits de douane imposés par l’administration Trump.
Le Brésil possède des réserves importantes de terres rares, classées deuxièmes mondiales derrière la Chine. La mine de Minaçu, exploitée commercialement, devient un atout stratégique pour le pays. Son importance a été renforcée en 2026 lorsque l’entreprise américaine MP Materials, soutenue par le gouvernement de Donald Trump, a acquis le site. Cette acquisition a poussé le président brésilien Lula à accélérer la mise en place d’une politique nationale sur les minerais critiques et stratégiques, considérés comme essentiels pour l’indépendance économique et technologique du Brésil. Ces minerais sont désormais érigés en enjeu de souveraineté nationale, notamment à l’approche de l’élection présidentielle de 2026.
Les tensions entre la Chine et les États-Unis autour des terres rares illustrent l’importance géopolitique de ces minerais. En 2025, la Chine a réduit ses exportations vers les États-Unis, limitant ainsi l’accès à des ressources critiques pour les industries américaines. Cette décision a été prise en réponse aux tarifs douaniers imposés par Washington sur les importations chinoises. Les terres rares sont devenues l’un des principaux points de tension dans cette guerre commerciale, car elles sont indispensables à la transition énergétique et aux technologies de défense. Le Brésil, avec sa mine de Minaçu, pourrait jouer un rôle clé dans la diversification des approvisionnements mondiaux.
L’acquisition de la mine de Minaçu par une entreprise américaine a provoqué une réaction rapide du gouvernement brésilien. Le président Lula a accéléré l’adoption d’une politique nationale sur les minerais critiques, visant à sécuriser l’exploitation et la transformation de ces ressources sur le territoire brésilien. Ces minerais sont désormais considérés comme un enjeu de souveraineté nationale, surtout à quelques mois de l’élection présidentielle de 2026. Cette stratégie s’inscrit dans une volonté de réduire la dépendance du Brésil aux importations et de renforcer son autonomie technologique et industrielle.

