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Géopolitique

Dans le sud de l’Iran, le tourisme totalement à l’arrêt

Courrier International · mis à jour il y a 14 j

Frappé de plein fouet par la guerre, le secteur touristique dans les zones situées autour du détroit d’Ormuz est en berne depuis février. Gîtes, cafés, restaurants battent de l’aile, eux qui accueillaient plus de 4 millions de visiteurs par an.

Guerre et tourisme stoppé

Depuis le 28 février 2026, une guerre oppose l’Iran aux États-Unis et à Israël, frappant particulièrement le sud du pays, autour du détroit d’Ormuz. Cette région, stratégique pour le commerce mondial, est aussi une destination touristique majeure en Iran. Le conflit a provoqué l’arrêt brutal du tourisme dans cette zone. Les établissements comme les gîtes, cafés et restaurants, qui dépendaient largement de cette activité, ont dû fermer ou réduire leurs services. Les bateaux de plaisance restent à quai et les pêcheurs manquent de clients. Cette situation a des répercussions économiques immédiates sur une région où le tourisme représentait une source de revenus essentielle pour de nombreuses familles.

Chiffres clés du secteur

Avant la guerre, le sud de l’Iran, notamment l’île de Qeshm, accueillait plus de 4 millions de touristes par an. Ces visiteurs provenaient principalement de grandes villes iraniennes comme Téhéran, Machhad et Chiraz. Avec l’arrêt du tourisme, environ 4,5 millions de touristes ont renoncé à se rendre dans la province depuis le début du conflit. Cette baisse drastique a entraîné des pertes financières importantes pour les petites entreprises locales, qui n’ont reçu aucun soutien du gouvernement iranien. Certaines ont même mis la clé sous la porte, tandis que d’autres tentent de se reconvertir dans des activités comme la contrebande pour survivre.

Impact sur les habitants

Les habitants de la région, en particulier ceux qui vivaient du tourisme, subissent de plein fouet les conséquences de la guerre. Youssef Tata, gérant d’un gîte sur l’île de Qeshm, illustre cette situation. Son établissement, qui accueillait auparavant des touristes, est fermé depuis le début du conflit. Il explique ne plus avoir ni espoir ni possibilité de planifier l’avenir, faute de visibilité sur l’évolution de la situation. D’autres, comme certains pêcheurs ou propriétaires de cafés, ont dû se tourner vers des activités illégales, comme la contrebande, pour tenter de compenser leurs pertes. Le pouvoir iranien, quant à lui, n’a annoncé aucune mesure pour soutenir ce secteur en crise.

Rôle du détroit d’Ormuz

Le détroit d’Ormuz est un passage maritime crucial pour le transport mondial de pétrole et de marchandises. Situé entre l’Iran et Oman, il relie le golfe Persique au golfe d’Oman. Ce détroit est non seulement un enjeu géopolitique majeur, mais aussi une zone touristique prisée pour ses paysages naturels, ses îles comme Qeshm, et sa biodiversité. La guerre actuelle, en perturbant la stabilité de la région, a donc un double impact : elle menace à la fois les échanges commerciaux internationaux et une économie locale déjà fragile. Les négociations entre les États-Unis et l’Iran pour rouvrir ce détroit, bloquées depuis le début du conflit, aggravent encore la situation.

Ce que ça pourrait changer

Malgré l’ampleur de la crise, le gouvernement iranien n’a pris aucune mesure pour soutenir le secteur touristique du sud du pays. Les autorités locales et nationales semblent absentes, laissant les entreprises et les habitants face à leurs difficultés. Cette absence de réaction officielle contraste avec l’importance économique et sociale du tourisme dans la région. Sans aide, les acteurs locaux doivent trouver des solutions individuelles, comme la reconversion ou l’abandon de leur activité, ce qui risque d’aggraver le déclin économique de la zone à long terme.

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