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Il déchiffre une lettre de 217 ans adressée à un général de Napoléon grâce à l’IA

Numerama · mis à jour 1 oct.

Un ingénieur a utilisé GPT-6 Astra pour déchiffrer une lettre de 1809 destinée à un général de Napoléon. Selon lui, environ six heures ont suffi à l’IA pour transcrire les signes manuscrits et reconstituer le message en s’appuyant sur des travaux existants..

Une lettre de 1809 déchiffrée

En septembre 2026, un ingénieur en intelligence artificielle, Carter Church, a réussi à déchiffrer une lettre datée de 1809, soit 217 ans plus tôt, adressée au général Marmont, l’un des commandants de Napoléon. Cette lettre, conservée sous forme numérisée, était jusqu’alors inaccessible car écrite avec un système de chiffrement complexe. Church a utilisé un modèle d’IA nommé GPT-6 Astra, développé par OpenAI, pour transcrire les signes manuscrits et reconstituer le message en environ six heures. L’archive numérisée, initialement publiée en 1969 par le lieutenant-colonel J. Vilcoq dans la Revue historique des Armées, étudiait justement les méthodes de chiffrement utilisées par le Premier Empire pour protéger les communications militaires. Cette lettre illustre comment des documents historiques peuvent rester secrets malgré leur accessibilité en ligne.

Un chiffrement homophonique

La lettre utilise un chiffrement homophonique, une technique où plusieurs symboles peuvent représenter une même lettre pour brouiller les pistes. Par exemple, la lettre « e », très fréquente en français, est remplacée par neuf symboles différents (triangle, cercle, etc.) pour éviter qu’un motif répétitif ne trahisse le code. Cette méthode complique le déchiffrement, car elle masque les fréquences d’apparition des lettres, un indice classique pour casser les codes. Carter Church a identifié 1 300 éléments chiffrés dans la lettre, correspondant à 155 signes distincts. Parmi eux, certains symboles revenaient souvent, ce qui a permis de reconstituer environ un tiers du message en s’appuyant sur des travaux antérieurs, comme ceux de l’historien Daniel Tant, qui avait déjà documenté 33 de ces symboles en 2026.

L'IA et le recuit simulé

Pour déchiffrer les 155 signes restants, Carter Church a utilisé une méthode appelée recuit simulé, un algorithme d’optimisation inspiré du processus de recuit en métallurgie. L’IA attribue d’abord des lettres aux symboles de manière aléatoire, puis évalue si le texte obtenu ressemble à du français. Si ce n’est pas le cas, elle modifie les correspondances et recommence, en acceptant parfois des résultats temporairement moins bons pour éviter de s’enfermer dans une impasse. Cette approche, déjà utilisée en 2019 par le chercheur Nils Kopal pour des outils comme CrypTool 2, permet de tester des milliers de combinaisons sans intervention humaine constante. L’apport de GPT-6 Astra réside dans sa capacité à enchaîner automatiquement la transcription des signes manuscrits et le déchiffrement, une tâche qui aurait pris des semaines à un cryptographe humain.

Le contenu et la datation corrigée

Le message déchiffré révèle des informations stratégiques : il détaille les positions et les effectifs des forces françaises et alliées face à l’Autriche en 1809. Carter Church a pu le relier à un ordre de Napoléon daté du 16 mars 1809, demandant au vice-roi d’Italie, Eugène de Beauharnais, d’envoyer ces données au général Marmont via une lettre chiffrée. Cette découverte a permis de corriger la datation initiale de la lettre, autrefois estimée en 1807, et de la situer dans les derniers jours de mars 1809, soit deux semaines avant l’invasion de la Bavière par l’Autriche. Un expert en cryptographie historique, Satoshi Tomokiyo, a confirmé le déchiffrement, et la lettre est désormais répertoriée comme une énigme résolue sur son site Cryptiana.

Ce que ça pourrait changer

Carter Church souligne que, bien qu’un cryptographe expérimenté aurait pu déchiffrer cette lettre avec suffisamment de temps, l’IA a accéléré le processus en combinant transcription automatique et déchiffrement algorithmique. Il a publié en ligne la clé de déchiffrement et le programme utilisé, permettant à d’autres de vérifier et d’étudier ses travaux. Cette avancée illustre comment l’intelligence artificielle peut résoudre des énigmes historiques complexes, tout en ouvrant la voie à de nouvelles méthodes d’analyse pour les archives numérisées. L’article mentionne également que *GPT-6 Astra* est le dernier modèle d’OpenAI, conçu pour traiter des tâches de transcription et de cryptanalyse, bien que son utilisation dans ce contexte reste un cas d’usage spécifique et non une généralisation.

Sujets complémentaires

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