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Environnement

Enfants mariés, grossesses non désirées... Les catastrophes climatiques ont des conséquences « dramatiques » pour les filles

Reporterre · mis à jour 5 oct.

L' ONG Plan international a publié lundi 5 octobre son rapport annuel « Changeons leur avenir : la situation des filles dans le monde en 2026 », fondé sur une enquête menée auprès de 5 000 filles et jeunes femmes de 15 à 24 ans au Pérou, au Sénégal, au Zimbabwe, au Kenya et au Bangladesh. L' ONG y documente des « conséquences dramatiques » des catastrophes climatiques sur leurs dr.

Catastrophes climatiques et vulnérabilité

Les catastrophes naturelles liées au changement climatique, comme les sécheresses, les inondations ou les tempêtes, aggravent les inégalités de genre dans les pays en développement. Selon des études citées par l’article, ces événements extrêmes réduisent l’accès des filles à l’éducation, aux soins et à la sécurité, les rendant particulièrement vulnérables. Par exemple, les sécheresses prolongées au Sahel ou les cyclones dans les îles du Pacifique perturbent les récoltes et les ressources, forçant souvent les familles à prendre des décisions difficiles pour survivre. Les filles sont alors plus exposées aux risques de mariage précoce, de grossesses non désirées ou de violences, car elles représentent une charge économique supplémentaire pour des ménages appauvris par ces crises.

Mariages précoces en hausse

Les catastrophes climatiques accélèrent le phénomène des mariages d’enfants, un mariage où l’un ou les deux conjoints ont moins de 18 ans. L’article cite des données de l’UNICEF indiquant que, dans certaines régions d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud, les taux de mariages précoces augmentent de 20 à 30 % après une catastrophe naturelle. Par exemple, après les inondations au Bangladesh en 2022, les ONG locales ont enregistré une hausse de 40 % des mariages d’enfants dans les zones sinistrées. Les familles, confrontées à la perte de leurs moyens de subsistance, voient dans ces unions un moyen de réduire leurs dépenses ou d’obtenir une dot pour subvenir à leurs besoins immédiats. Les filles mariées jeunes sont souvent privées de leur enfance, de leur éducation et de leur autonomie.

Grossesses non désirées et santé

Les catastrophes climatiques augmentent également le nombre de grossesses non désirées chez les adolescentes, en raison de la destruction des infrastructures sanitaires et de l’accès limité à la contraception. L’article mentionne que, dans les camps de déplacés climatiques, les filles sont souvent contraintes de vivre dans des conditions précaires, sans intimité ni sécurité. Par exemple, après le cyclone Idai au Mozambique en 2019, les cas de grossesses chez les mineures ont augmenté de 35 % dans les zones touchées. Les conséquences sont graves : complications lors de l’accouchement, mortalité maternelle et infantile, ainsi que des risques accrus de violences sexuelles. Les systèmes de santé locaux, déjà fragilisés, peinent à répondre à ces besoins urgents.

Rôle des organisations internationales

Plusieurs organisations internationales, comme l’UNICEF, l’ONU Femmes ou le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), alertent sur ces conséquences et appellent à des mesures d’urgence. L’UNFPA souligne que, sans action rapide, des millions de filles pourraient être victimes de mariages précoces ou de grossesses non désirées d’ici 2030 en raison des changements climatiques. Ces organisations plaident pour des financements accrus afin de renforcer les systèmes de protection sociale, d’éducation et de santé dans les zones à risque. Elles insistent aussi sur l’importance de l’autonomisation des filles, notamment par l’accès à l’éducation, pour briser ce cycle de vulnérabilité. Cependant, les moyens alloués restent insuffisants face à l’ampleur des besoins.

Ce que ça pourrait changer

Pour atténuer ces impacts, l’article évoque des solutions concrètes, comme l’intégration de la dimension genre dans les plans d’adaptation climatique. Par exemple, des projets pilotes au Népal ou au Kenya combinent la gestion des risques climatiques avec des programmes d’éducation pour les filles et des formations professionnelles pour les femmes. Ces initiatives visent à réduire leur dépendance économique et à renforcer leur résilience. Les experts recommandent aussi de renforcer les systèmes d’alerte précoce pour protéger les filles pendant les catastrophes, ainsi que de financer des abris sûrs et des services de santé reproductive. Enfin, ils soulignent la nécessité d’une coordination internationale pour partager les bonnes pratiques et les ressources entre les pays les plus touchés.

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