La fusion des agences de sûreté nucléaire crée le mal-être chez les salariés
Un rapport révélé le 1 er juillet par Mediapart pointe les risques psychosociaux « structurels » qui menacent l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection ( ASNR ). Née de la fusion à marche forcée de l'Autorité de sûreté du nucléaire ( ASN ) avec l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire ( IRSN ), l' ASNR fait l'objet d'une réorganisation qui questionne ses quatre organisations syndicales ( CGT.
En 2023, le gouvernement français a annoncé la fusion de deux agences publiques chargées de la sûreté nucléaire : l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). L’ASN est l’autorité administrative indépendante qui contrôle la sécurité des installations nucléaires en France. Elle émet des avis et des décisions pour protéger la population et l’environnement des risques liés à l’atome. L’IRSN, quant à lui, est un organisme public de recherche et d’expertise qui évalue les risques radiologiques et propose des mesures de prévention. Cette fusion vise à simplifier l’organisation du contrôle nucléaire en France, mais elle suscite des inquiétudes chez les salariés des deux structures.
Les employés de l’ASN et de l’IRSN expriment un profond malaise face à cette réforme. Selon les syndicats, cette fusion pourrait entraîner une perte d’indépendance pour l’IRSN, dont les missions de recherche et d’expertise pourraient être diluées dans une structure plus large. Les salariés craignent également une dégradation de leurs conditions de travail, avec des risques de suppressions de postes ou de redéploiements forcés. En 2023, un rapport interne de l’IRSN a révélé que 60 % des agents interrogés se disaient inquiets quant à leur avenir professionnel. Les syndicats dénoncent un manque de transparence dans la gestion de ce projet.
Les syndicats, notamment la Confédération française démocratique du travail (CFDT) et la Confédération générale du travail (CGT), jouent un rôle central dans la mobilisation des salariés contre cette réforme. Ils organisent des réunions d’information, des grèves et des manifestations pour alerter sur les conséquences sociales de la fusion. En juin 2023, une manifestation a rassemblé plus de 2 000 personnes à Paris pour protester contre le projet. Les syndicats demandent notamment une garantie de l’emploi pour tous les agents et le maintien des missions spécifiques de l’IRSN, comme l’évaluation des risques radiologiques.
L’un des principaux sujets de préoccupation concerne la sûreté nucléaire. Les salariés de l’IRSN soulignent que leur expertise en matière de radioprotection est essentielle pour garantir la sécurité des installations nucléaires en France. Avec la fusion, ils craignent que cette expertise ne soit diluée ou moins prise en compte dans les décisions. En 2022, l’IRSN a publié un rapport mettant en avant 12 incidents significatifs dans les centrales nucléaires françaises, soulignant l’importance de son rôle dans la prévention des risques. Les syndicats rappellent que l’indépendance de l’expertise est cruciale pour éviter les conflits d’intérêts.
Le gouvernement français défend cette réforme en mettant en avant des arguments d’efficacité et de simplification administrative. Selon les autorités, la fusion permettrait de renforcer la cohérence des actions de contrôle et de réduire les chevauchements entre les deux agences. En 2023, le ministre de la Transition écologique a déclaré que cette réforme s’inscrivait dans une logique de modernisation du secteur nucléaire. Cependant, les syndicats et certains experts critiquent l’absence de concertation préalable avec les salariés et les parties prenantes. Le gouvernement n’a pas encore précisé les modalités concrètes de la fusion ni les garanties offertes aux agents.

