«Ils nous ont frappés à coups de machette»: la désinformation sur Ebola vire à la violence en RDC
Des volontaires de la Croix-Rouge ont été attaqués lors d'un enterrement sécurisé en République démocratique du Congo, après la diffusion de rumeurs niant l'existence d'Ebola. Les fausses informations compliquent désormais la lutte contre l'épidémie..
En République démocratique du Congo (RDC), des volontaires et soignants luttant contre l'épidémie d'Ebola sont victimes d'agressions physiques. Par exemple, Daniel Uyirwoth Welo, un volontaire de la Croix-Rouge âgé de 27 ans, a été attaqué à coups de machettes et de pelles alors qu'il transportait le cercueil d'une victime d'Ebola dans un cimetière de Bunia, à l'est du pays. Ces violences surviennent dans un contexte où les équipes médicales tentent d'appliquer des enterrements sécurisés, une procédure visant à limiter la propagation du virus en évitant tout contact direct avec les défunts. Depuis la mi-mai 2026, plus de 1 750 personnes ont été infectées par Ebola en RDC, et environ 600 en sont mortes, selon les autorités sanitaires. Ces attaques illustrent une méfiance croissante envers les mesures sanitaires et les humanitaires, alimentée par des rumeurs et des fausses informations.
Les violences contre les soignants sont en grande partie alimentées par des fake news et des rumeurs largement diffusées, tant localement que sur les réseaux sociaux. Certains habitants croient que le cercueil d'une victime d'Ebola était vide, tandis que d'autres nient purement et simplement l'existence de la maladie. D'autres encore accusent les humanitaires de travailler uniquement pour des raisons financières, sans réelle volonté d'aider les populations. Ces désinformations, souvent relayées sans vérification, sapent la crédibilité des équipes médicales et des autorités sanitaires. Par exemple, des habitants pensent que les soignants prélèvent des organes ou contaminent volontairement les populations. Ces croyances, bien que fausses, sont prises au sérieux par une partie de la population et entraînent des actes de violence contre les centres de traitement et le personnel médical.
Ces actes de violence et cette méfiance envers les mesures sanitaires ont des conséquences directes sur la lutte contre Ebola. Depuis le début de l'épidémie en mai 2026, plus de 1 750 cas d'infection et environ 600 décès ont été recensés en RDC. Les attaques contre les centres de traitement et les agressions du personnel médical perturbent gravement les efforts de containment du virus. Par exemple, un centre de traitement Ebola a été incendié dans la province de l'Ituri, épicentre de l'épidémie. De plus, des affrontements autour du corps d'une victime présumée ont coûté la vie à un policier. Ces incidents montrent comment la désinformation et la violence aggravent une crise sanitaire déjà complexe, surtout dans des zones isolées où l'accès aux soins est limité.
Les rites funéraires, profondément ancrés dans les traditions locales, jouent un rôle clé dans la propagation d'Ebola. En RDC, les enterrements impliquent souvent un contact direct avec le défunt, ce qui favorise la transmission du virus. Les équipes médicales tentent d'imposer des enterrements sécurisés, où le cercueil est scellé et manipulé avec des gants pour éviter toute contamination. Cependant, ces pratiques sont perçues comme une violation des coutumes par une partie de la population, ce qui alimente la méfiance. Par exemple, des habitants affirment que les cercueils sont vides ou que les soignants manipulent les corps pour des raisons malveillantes. Cette tension entre santé publique et traditions culturelles complique encore davantage la lutte contre l'épidémie.
Pour les autorités sanitaires et les organisations humanitaires comme la Croix-Rouge, le défi principal n'est plus seulement médical, mais aussi social. Restaurer la confiance des populations est devenu essentiel pour contenir l'épidémie. En effet, sans l'adhésion des communautés, les mesures sanitaires comme les enterrements sécurisés ou les traitements médicaux ne peuvent être appliqués efficacement. La RDC, marquée par des années de conflits et une méfiance historique envers les institutions, illustre cette difficulté. Les humanitaires doivent désormais convaincre les habitants que leurs actions visent à les protéger, et non à les exploiter. Cette tâche est d'autant plus complexe que les rumeurs et les fake news se propagent rapidement, souvent plus vite que les informations vérifiées.

