Starship : SpaceX réussit le décollage de la fusée géante et le retour en mer du booster, et vise sa première mise en orbite
Le Starship de SpaceX a décollé du Texas ce lundi 28 septembre 2026 pour son 14e vol d'essai, et son propulseur Super Heavy a réussi son retour en mer dans le golfe du Mexique. Pour la première fois, l'étage supérieur de la fusée géante vise ensuite une vraie orbite autour de la Terre..
SpaceX a réussi le décollage de Starship, sa fusée géante, marquant une étape majeure pour l'entreprise spatiale privée. Ce vol, réalisé le 28 septembre 2026, confirme la capacité de la fusée à quitter le sol sans explosion ni incident majeur, contrairement à ses précédents essais. Starship est conçue pour être entièrement réutilisable, un objectif clé pour réduire les coûts des missions spatiales. La fusée, haute de 120 mètres, est la plus puissante jamais construite, avec une poussée au décollage dépassant les 7 500 tonnes. Ce succès intervient après plusieurs tentatives infructueuses entre 2023 et 2025, où des explosions en vol avaient retardé le programme. SpaceX, dirigée par Elon Musk, mise sur cette technologie pour des missions habitées vers la Lune et Mars, ainsi que pour des lancements commerciaux.
Lors de ce vol, le booster (premier étage de la fusée) a réussi à revenir se poser en mer, une manœuvre appelée atterrissage contrôlé. Ce booster, nommé Super Heavy, pèse environ 3 600 tonnes au décollage et est équipé de 33 moteurs Raptor fonctionnant au méthane et à l'oxygène liquide. Son retour en mer, près du site de lancement au Texas (États-Unis), valide la technologie de réutilisation partielle de la fusée. SpaceX avait déjà maîtrisé cette technique avec sa fusée Falcon 9, mais Starship représente un défi bien plus ambitieux en raison de sa taille et de sa complexité. Ce retour ouvre la voie à une réduction significative des coûts de lancement, un objectif central du projet.
Avec ce vol, SpaceX vise désormais sa première mise en orbite terrestre avec Starship. Jusqu'à présent, les essais s'étaient limités à des vols suborbitaux, c'est-à-dire des trajectoires où la fusée ne fait que monter avant de redescendre sans atteindre l'orbite. Une mise en orbite réussie permettrait de valider la capacité de Starship à transporter des charges utiles (satellites, équipements scientifiques) ou des astronautes en orbite basse, à environ 400 kilomètres d'altitude. Ce succès serait un pas décisif avant des missions plus lointaines, comme un voyage vers la Lune dans le cadre du programme Artemis de la NASA. La fenêtre de lancement pour cette tentative n'a pas encore été annoncée.
Le projet Starship repose sur des innovations technologiques majeures, notamment l'utilisation de l'acier inoxydable pour la structure de la fusée, plus résistant et moins coûteux que les matériaux composites traditionnels. Les moteurs Raptor, conçus pour être réutilisables, utilisent un mélange de méthane et d'oxygène liquide, une première pour une fusée de cette envergure. SpaceX a également développé un système de ravitaillement en orbite, permettant de ravitailler Starship en carburant une fois en apesanteur, une technique essentielle pour les missions lointaines. Ces avancées pourraient révolutionner l'industrie spatiale en rendant les voyages vers l'espace plus accessibles et économiques.
Ce succès intervient dans un contexte où la course à l'espace s'intensifie, avec des acteurs publics comme la NASA et privés comme SpaceX ou Blue Origin qui développent des lanceurs lourds. La NASA a déjà sélectionné *Starship* pour transporter des astronautes sur la Lune dans le cadre de la mission *Artemis 3*, prévue pour 2027. À plus long terme, SpaceX envisage d'utiliser *Starship* pour coloniser Mars, avec un premier vol habité envisagé d'ici 2030. Cependant, des défis restent à relever, notamment la fiabilité à long terme de la fusée et l'obtention des autorisations réglementaires. Ce vol du 28 septembre 2026 marque donc une avancée significative, mais le chemin vers une exploitation commerciale pleine et entière est encore long.

