Le second cas d’Ebola au Kenya interroge sur l’“état de préparation” du pays
Le deuxième patient kényan positif au virus Ebola est un proche du premier malade, mort le 5 octobre à Nairobi. Si les autorités assurent que les deux cas sont liés et qu’aucune propagation dans la population n’est constatée, cet épisode soulève des questions sur la préparation du pays, notamment dans les régions éloignées des grands centres hospitaliers..
Le Kenya a confirmé un second cas d’Ebola le 14 octobre 2026, soit près de dix jours après le décès du premier patient le 5 octobre à Nairobi. Ce second malade, un homme de 39 ans, est un proche du premier cas et a été diagnostiqué positif alors qu’il était déjà en quarantaine. Les autorités kényanes, représentées par le docteur Patrick Amoth, directeur général de la santé, assurent que les deux cas sont liés et qu’aucune propagation dans la population générale n’a été détectée. Le patient est actuellement pris en charge dans un centre spécialisé où des soins de soutien lui sont prodigués, ce qui limite les risques de transmission et améliore ses chances de guérison grâce à une détection précoce.
Le premier patient kényan, un homme de 40 ans, avait contracté le virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), où il vivait depuis sept ans. Il est décédé à Nairobi le 5 octobre 2026 après être arrivé au Kenya le 3 octobre en provenance de l’Ouganda. Ce trajet a soulevé des questions sur l’efficacité des contrôles aux points d’entrée, notamment aux frontières avec l’Ouganda. Les autorités ont recensé 128 cas contacts (personnes ayant été en contact avec le malade), dont plus d’une centaine ont été placés en quarantaine pour éviter une propagation du virus.
L’apparition de ces cas interroge sur l’état de préparation du Kenya face à Ebola, notamment dans les régions éloignées des grands centres hospitaliers. Un projet de centre de quarantaine à Laikipia, soutenu par les États-Unis à hauteur de 13,5 millions de dollars (environ 12 millions d’euros), avait été abandonné en raison d’un litige judiciaire. Depuis, la Chine a financé le Kenya à hauteur de 129 millions de shillings kényans (environ 890 000 euros) pour renforcer la préparation contre Ebola. Les autorités locales affirment que la réponse nationale fonctionne dans la capitale, mais des doutes persistent sur la capacité à gérer des cas dans des zones moins équipées, comme la ville de Wajir, dans le nord du pays.
Un cas suspecté à Wajir, dans le nord du Kenya, a mis en lumière les défis des établissements de santé locaux. Bien que le test ait finalement été négatif, cette situation a révélé l’importance pour les hôpitaux régionaux de pouvoir détecter rapidement des cas suspects, isoler les patients en toute sécurité et communiquer des informations fiables aux habitants. Les médias locaux soulignent que les communautés éloignées des grands pôles de transport et de soins manquent souvent de moyens pour faire face à une épidémie. Cette problématique dépasse les frontières kényanes, alors que la RDC, voisine, fait face à une épidémie d’Ebola considérée comme la pire de son histoire.

