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Environnement

Futurs parcs d’attractions XXL près de Paris : pourquoi le projet voulu par Emmanuel Macron rappelle le fiasco d’EuropaCity

Vert.eco · mis à jour il y a 12 j

À Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), le projet de trois parcs d’attractions géants annoncé fin août ravive le souvenir d’EuropaCity, un centre de loisirs XXL abandonné en 2019 à quelques kilomètres de là. Vert a rencontré des militant·es prêt·es à reprendre la lutte pour préserver les terres agricoles..

Annonce des parcs XXL

Le 24 août 2026, le président français Emmanuel Macron et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ont annoncé la création de trois parcs d’attractions géants près de Paris, à Cergy-Pontoise dans le Val-d’Oise. L’un de ces parcs aura pour thème les mangas. Le projet, présenté comme hors normes, vise à renforcer la position de la France comme première destination touristique mondiale. Son coût est estimé à six milliards d’euros. Aucun calendrier précis n’a été dévoilé à ce stade. Cette initiative rappelle un précédent projet avorté, EuropaCity, situé à une vingtaine de kilomètres plus à l’est, qui avait suscité une forte opposition.

Rappel d'EuropaCity

En 2011, le groupe Auchan et le groupe chinois Wanda avaient annoncé la construction d’EuropaCity, un vaste complexe de loisirs et de commerces de 80 hectares pour un investissement de trois milliards d’euros. Ce projet prévoyait notamment un centre aquatique, une piste de ski, plus de 150 boutiques, une salle de concert et un complexe cinéma. Il devait s’implanter sur les terres agricoles du Triangle de Gonesse, dans le Val-d’Oise, connues pour leur fertilité exceptionnelle et leur capacité à stocker l’eau de pluie, ce qui les rend précieuses face au changement climatique. Après une mobilisation citoyenne intense, le projet a été abandonné en novembre 2019 par le gouvernement, qui l’a qualifié de projet d’une autre époque fondé sur une consommation de masse.

Comparaison des projets

Les nouveaux parcs de Cergy-Pontoise, d’une superficie de 200 hectares, reprennent des éléments similaires à EuropaCity mais à une échelle deux fois plus grande. Sur ces 200 hectares, 55 seront aménagés sur le site abandonné de Mirapolis, un ancien parc d’attractions en faillite depuis 1991. Les 145 hectares restants empiéteront sur des terres agricoles, dont certaines abritent des zones humides abritant des espèces protégées comme des chauves-souris ou une libellule rare, l’agrion de Mercure. Ces terres sont également proches du parc naturel du Vexin, où 29 % de la surface est classée pour son intérêt écologique. Le projet menace donc la biodiversité locale et les ressources agricoles.

Financement étranger

Comme pour EuropaCity, qui impliquait des investisseurs chinois, les nouveaux parcs de Cergy-Pontoise seront financés par la Qiddiya Investment Company, une filiale du fonds souverain saoudien Public Investment Fund. Ce fonds est dédié au divertissement, au sport et à la culture. Stéphane Tonnelat, ethnographe au CNRS, souligne que ces partenariats avec des gouvernements étrangers, notamment autoritaires, posent question. Il rappelle que ces collaborations s’inscrivent dans une logique de consommation de masse et de loisirs, similaire à celle d’EuropaCity, jugée dépassée par les autorités en 2019.

Promesses économiques

Emmanuel Macron promet la création de 22 000 emplois directs grâce à ces parcs, un chiffre présenté comme du jamais-vu depuis Disneyland Paris. Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, y voit un atout pour renforcer l’attractivité touristique de la région. Cependant, Bernard Loup, militant contre EuropaCity, met en garde : ces emplois seraient majoritairement saisonniers et nécessiteraient des compétences linguistiques variées, comme à Disneyland Paris. Les recrutements ne bénéficieraient donc pas forcément aux habitants locaux, contrairement aux promesses d’insertion territoriale souvent avancées.

Mobilisation citoyenne

Face à l’annonce des nouveaux parcs, un collectif local, Mirapolis aux habitant·es, s’est constitué pour s’y opposer. Lors de sa première réunion le 27 août 2026, une soixantaine de personnes ont participé, et une pétition a été lancée pour exiger davantage d’informations et une consultation des habitants. Tony Clavaud, cofondateur du collectif, souligne que le projet a été lancé sans concertation préalable avec les citoyen·nes concerné·es. Bernard Loup, ancien militant contre EuropaCity, assure que son collectif apportera son soutien aux opposants, rappelant que la mobilisation citoyenne avait été déterminante pour faire annuler ce dernier projet.

Ce que ça pourrait changer

À ce stade, l’avenir des parcs de Cergy-Pontoise reste incertain. Si le projet suit son cours, un débat public devrait être organisé. Les opposants espèrent que le scénario d’EuropaCity, abandonné en 2019, se répétera. Cependant, les similitudes entre les deux projets, notamment leur impact sur les terres agricoles et la biodiversité, ainsi que leur financement par des investisseurs étrangers, alimentent les craintes d’un nouveau fiasco environnemental et social. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si ce projet XXL verra le jour ou sera abandonné.

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