Le Soudan devient “un laboratoire” de la guerre des drones et les civils en font les frais
Plus de 160 civils ont été tués en quelques jours dans une série d’attaques de drones au Soudan, où les deux camps multiplient leur recours à ces armes. Le pays devient un laboratoire de la guerre à distance, dans laquelle les civils sont désormais en première ligne..
Depuis octobre 2026, le Soudan est devenu un terrain d’expérimentation majeur pour les drones armés, utilisés massivement par les deux camps en conflit. Les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire, et l’armée régulière (Forces armées soudanaises, FAS) multiplient les attaques à distance, faisant des civils les premières victimes. Les drones, ces petits avions sans pilote contrôlés à distance, sont équipés d’armes pour frapper des cibles au sol. Leur utilisation intensive transforme le conflit soudanais en un laboratoire de la guerre moderne, où la précision et la distance réduisent les risques pour les attaquants, mais augmentent ceux pour les populations civiles. Les attaques récentes ont causé la mort de plus de 160 civils en quelques jours, selon les sources citées par Al-Jazeera et l’AFP.
Les attaques de drones ont fait au moins 160 morts parmi les civils en quelques jours, selon les dernières estimations. Le 18 octobre 2026, un drone a frappé un carrefour à Al-Dibab, dans le sud-ouest du Soudan, où des villageois s’étaient rassemblés après le marché, tuant environ 80 personnes. Le 19 octobre, une frappe attribuée aux FSR à Khartoum a tué trois enfants en s’écrasant sur une maison. Le même jour, une attaque des FAS dans la zone d’Abyei a fait 53 morts et 27 blessés graves, selon un communiqué cité par l’AFP. Ces chiffres illustrent l’ampleur des pertes civiles, désormais considérées comme la principale cause de décès dans ce conflit. Les ONG locales, comme Emergency Lawyers, dénoncent ces attaques et accusent les deux camps de violations du droit international.
Le conflit au Soudan oppose deux principaux acteurs : les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire dirigé par le général Mohamed Hamdan Daglo, et les Forces armées soudanaises (FAS), l’armée régulière dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan. Les FSR, également connues sous le nom de Tasis dans leur administration autoproclamée, contrôlent une partie du pays et sont accusées d’utiliser des drones pour des frappes ciblées. Les FAS, soutenues par une partie de l’État, répondent par des attaques similaires. Les deux camps se renvoient la responsabilité des frappes meurtrières, comme celle du 18 octobre, où les FSR ont accusé les FAS et vice versa. Ce jeu d’accusations reflète l’escalade du conflit et l’utilisation croissante de technologies militaires avancées.
Les attaques de drones au Soudan ont des conséquences dramatiques pour les populations civiles, qui deviennent des cibles involontaires. Les frappes touchent des lieux publics comme des carrefours, des marchés ou des habitations, causant des pertes humaines massives. Les enfants sont particulièrement vulnérables, comme en témoigne la mort de trois d’entre eux lors d’une frappe à Khartoum. Les ONG locales, comme Emergency Lawyers, soulignent l’impact psychologique et physique de ces attaques, ainsi que la difficulté à identifier les responsables. Les civils, pris au piège entre les deux camps, subissent une insécurité permanente et un manque d’accès aux soins et à l’aide humanitaire. Les Nations unies, présentes dans la zone d’Abyei, alertent sur l’aggravation de la crise humanitaire.
Le Soudan est devenu un *laboratoire* pour la guerre des drones, où les deux camps testent des tactiques et des technologies militaires à moindre risque pour leurs propres forces. Les drones permettent des frappes précises et à distance, réduisant les pertes parmi les combattants mais augmentant celles des civils. Cette guerre à distance, où les opérateurs ne voient pas leurs cibles, pose des questions éthiques et juridiques. Les experts soulignent que le Soudan illustre une tendance mondiale : l’utilisation croissante de drones armés dans les conflits, souvent sans cadre réglementaire clair. Les attaques récentes montrent que cette technologie, autrefois réservée aux armées puissantes, est désormais accessible à des groupes armés non étatiques, comme les FSR.

