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Société

Comment les archéologues ont mis au jour un château irlandais que l'on croyait perdu à jamais

Slate FR · mis à jour 27 sept.

Des murs médiévaux, une cour oubliée et des détails architecturaux vieux de plusieurs siècles: à l'University College Dublin, des chercheurs ont retrouvé les traces d'une forteresse du XIIIᵉ siècle que l'on pensait démolie..

Un château médiéval caché

Les archéologues de l'University College Dublin (UCD) ont découvert les vestiges d’un château irlandais du XIIIe siècle sur le campus de l’université, sous une structure du XIXe siècle. Ce château, nommé Roebuck, était considéré comme perdu depuis des siècles, car les historiens pensaient qu’il avait été entièrement détruit ou recouvert par des constructions ultérieures. La découverte montre que les murs médiévaux, bien que dissimulés sous des couches de plâtre et des ajouts modernes, sont toujours présents. Cette trouvaille est d’autant plus remarquable que le château est désormais le plus ancien bâtiment situé sur un campus universitaire en Irlande. Les recherches ont révélé que sa construction remonte à la période de l’invasion normande de l’Irlande, vers 1169, une époque marquée par l’arrivée des Normands en Irlande après l’invasion de 1169.

Une architecture préservée

Les vestiges découverts présentent des caractéristiques typiques d’un château du XIIIe siècle, comme des murs épais et une cour centrale. Cette cour, située à l’arrière de l’édifice actuel, correspond en réalité à la cour originale du château médiéval. Les archéologues soulignent que les transformations ultérieures, notamment au XIXe siècle, ont paradoxalement préservé une partie importante de la structure d’origine. En effet, les modifications ont été réalisées autour des vestiges médiévaux, sans les détruire. Cette conservation est d’autant plus précieuse que peu de châteaux médiévaux ont survécu dans la région au sud de Dublin, beaucoup ayant été détruits ou pillés au XVIIe siècle. Les pierres des anciens châteaux étaient souvent réutilisées pour d’autres constructions, ce qui rend cette découverte encore plus rare.

Des indices historiques clés

La redécouverte du château Roebuck a été rendue possible grâce à des archives historiques, notamment des aquarelles réalisées par l’artiste Gabriel Beranger vers 1765. Ces dessins, bien que partiels, ont fourni des détails structurels cruciaux pour reconstituer l’histoire du bâtiment. L’archéologue Tadhg O’Keeffe, spécialiste de l’architecture médiévale à l’UCD, a expliqué que ces représentations ont permis de confirmer la forme générale du château et d’identifier des éléments spécifiques, comme les matériaux ou les techniques de construction utilisées. Ces indices ont été essentiels pour distinguer les parties médiévales des ajouts plus récents, permettant ainsi de reconstituer l’évolution du site sur plusieurs siècles.

Un lieu chargé d’histoire

Selon les sources historiques, le château Roebuck aurait abrité des personnages importants, comme un ancien chancelier irlandais, ainsi que le roi Jacques II d’Angleterre et d’Irlande, qui y aurait séjourné après sa destitution en 1689. Tombé en ruine au XVIIIe siècle, le château était considéré comme disparu jusqu’à cette découverte. Les archéologues ont également noté que le site se trouvait autrefois près d’une route menant à Dublin, ce qui suggère son importance stratégique à l’époque médiévale. Cette localisation, combinée à son histoire politique, en fait un témoignage précieux de l’évolution de l’Irlande entre le Moyen Âge et l’époque moderne. La préservation de ces vestiges offre ainsi une fenêtre unique sur le passé de la région.

Ce que ça pourrait changer

La découverte du château Roebuck met en lumière les lacunes dans la compréhension de l’histoire irlandaise, notamment pour les châteaux médiévaux du sud de Dublin. Beaucoup de ces édifices ont disparu en raison des conflits, des pillages ou de la réutilisation de leurs pierres pour d’autres constructions. Cette trouvaille rappelle l’importance des fouilles archéologiques pour reconstituer le passé, surtout lorsque les sources écrites sont rares ou incomplètes. Les chercheurs de l’UCD ont souligné que la préservation de ces vestiges, bien que partielle, permet de combler des trous dans l’histoire locale. Cette découverte pourrait également inspirer de nouvelles recherches sur d’autres sites similaires, afin de mieux comprendre l’héritage architectural et politique de l’Irlande médiévale.

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