Le Canada envisage de rejoindre une coalition militaire dirigée par le Royaume-Uni
Les premiers ministres Mark Carney et Andy Burnham ont évoqué une fusion des initiatives de financement de la défense..
Le Canada a officiellement déposé sa candidature pour rejoindre la Force expéditionnaire conjointe, une coalition militaire dirigée par le Royaume-Uni. Créée en 2014, cette force rassemble dix pays alliés et est déployée sur le flanc nord de l’OTAN, une zone stratégique en Europe. Son objectif est de former une force de réaction rapide, capable d’intervenir rapidement en cas de crise. Bien que les Forces armées canadiennes aient déjà participé à des exercices avec cette coalition, elles n’en étaient pas membres permanents jusqu’à présent. Le premier ministre canadien, Mark Carney, a rencontré son homologue britannique, Andy Burnham, pour discuter de cette adhésion et de projets communs en matière de défense. Le Royaume-Uni soutient activement la candidature du Canada, selon un communiqué officiel publié mercredi.
En parallèle de cette adhésion militaire, le Canada et le Royaume-Uni envisagent de fusionner leurs initiatives de financement de la défense pour en amplifier l’impact. Ottawa propose la création d’une Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience, qui offrirait des emprunts à faible coût aux alliés pour leurs besoins militaires. Cette banque a déjà reçu le soutien de huit pays, dont la Lettonie, le Luxembourg, la Grèce, la Belgique et l’Ukraine, mais aucun autre membre du G7 ne l’a encore rejointe, à l’exception du Canada. De son côté, le Royaume-Uni a lancé le Mécanisme multilatéral de défense, un fonds destiné à financer des achats conjoints d’équipements militaires. Ce mécanisme est soutenu par les Pays-Bas, la Finlande et la Pologne. Les deux pays ont annoncé vouloir s’assurer que leurs initiatives respectives se développent de manière complémentaire, avec un objectif commun : aider les membres de l’OTAN à consacrer 5 % de leur PIB à la défense d’ici 2035.
Le Canada et le Royaume-Uni travaillent également à un nouvel accord pour moderniser l’unité d’entraînement de l’armée britannique de Suffield, située en Alberta. Ce site de 2 700 km² est utilisé par l’armée britannique pour des exercices et des essais de drones et d’autres équipements militaires. Le Royaume-Uni prévoit d’investir environ 18,7 millions de dollars dans cette modernisation d’ici 2031. Cette collaboration s’inscrit dans le cadre d’un partenariat militaire plus large entre les deux pays, qui vise à renforcer leurs capacités respectives. Le site de Suffield est déjà un lieu clé pour l’entraînement des forces britanniques en Amérique du Nord.
La rencontre entre Mark Carney et Andy Burnham a été marquée par des échanges sur des valeurs communes, notamment la lutte contre la maladie d’Alzheimer, dont les pères respectifs des deux dirigeants ont souffert. Ils ont également assisté à un match de football à Liverpool, une occasion de renforcer les liens personnels entre les deux pays. Burnham a qualifié Carney de grand dirigeant progressiste et a évoqué des opportunités de coopération dans des domaines comme le commerce et l’intelligence artificielle. Aucune mention n’a été faite de la rencontre prévue entre Burnham et l’ancien président américain Donald Trump, prévue la semaine suivante à New York. Les discussions entre les deux premiers ministres ont porté sur des sujets variés, mais aucun détail n’a été communiqué sur d’éventuels échanges concernant Trump.
Les initiatives de financement portées par le Canada et le Royaume-Uni s’inscrivent dans un objectif plus large de l’OTAN : augmenter les dépenses de défense des membres de l’Alliance à 5 % de leur PIB d’ici 2035. Actuellement, la plupart des pays membres de l’OTAN dépensent moins de 2 % de leur PIB pour leur défense, un seuil fixé comme minimum depuis 2014. Le Royaume-Uni a déjà alloué 749 millions de dollars à son *Mécanisme multilatéral de défense*, avec une mise en place prévue pour 2027. Ces fonds visent à renforcer la coopération entre les alliés et à mutualiser les ressources pour des équipements militaires coûteux. Le Canada, quant à lui, mise sur sa Banque de la défense pour offrir des financements attractifs et stimuler les investissements dans ce secteur.

